Algérie: confronté à des manifestations populaires à Relizane, le régime répond par la répression

Des manifestations populaires à Relizane ce samedi 7 février 2026.

Dans de nombreuses villes algériennes, particulièrement celles de l’ouest du pays, c’est le ras-le-bol général des populations, confrontées à l’impéritie de leur régime qui les laisse livrées à elles-mêmes face aux inondations meurtrières qui sévissent en Algérie depuis plusieurs semaines. À Relizane, les manifestants sont sortis par milliers ce samedi dans la rue pour dénoncer «l’Algérie nouvelle» de Tebboune, caractérisée par l’inaction de ses gouvernants lorsque des infrastructures sont détruites, l’électricité coupée, l’approvisionnement en produits de base à l’arrêt… mais qui est prompte à réprimer violemment des manifestants qui réclament leurs droits les plus élémentaires.

Le 07/02/2026 à 19h19

À Relizane, chef-lieu de la wilaya du même nom, située dans le nord-ouest du pays à quelque 285 km d’Alger, les populations locales ont manifesté ce samedi dans les rues boueuses de la ville pour dénoncer ce qu’elles qualifient de visage sombre de «la nouvelle Algérie». Sous le slogan «Voici la nouvelle Algérie», des milliers de manifestants, venus des 38 communes que compte cette wilaya, située entre Tlemcen et Oran, ont exprimé leur colère face à la situation jugée désastreuse qu’ils vivent depuis plusieurs semaines, à la suite des inondations qui ont ravagé la ville. Les protestataires dénoncent un isolement de fait, conséquence de la destruction d’infrastructures essentielles, de la mise hors service des réseaux d’électricité et d’assainissement, ainsi que de ruptures d’approvisionnement en produits de première nécessité, notamment l’eau potable et le carburant. Une situation qui, selon eux, illustre l’ampleur de la crise et l’absence de réponses à la hauteur de l’urgence.

Hormis des promesses creuses, aucune réaction ni aide concrète du régime n’a été constatée, à l’exception du wali, qui a promis de protéger à l’avenir la ville contre les inondations, et, il y a deux semaines, d’une visite éclair du ministre de l’Intérieur, Saïd Sayoud. Ce dernier a, lui aussi, décliné — «sur instructions de Tebboune» — une série d’engagements, alors que la ville de Relizane est sinistrée et que son état de désolation appelle des actions urgentes.

De nombreuses vidéos circulent actuellement sur les réseaux sociaux, donnant à voir l’ampleur des manifestations et la colère des habitants de Relizane. Les protestataires réclament le rétablissement des services essentiels et l’accès aux produits de première nécessité: eau potable, électricité, carburant, lait, huile, légumineuses… Ils demandent également la construction de logements sûrs, après la multiplication, ces derniers jours, d’effondrements d’habitations. La ville a par ailleurs été endeuillée mercredi dernier par la mort d’un enfant, emporté par les crues de l’oued Rouaihia.

Face à ces revendications légitimes, le régime a répondu par une violente répression des manifestants. D’importantes unités des forces de l’ordre ont rapidement été déployées sur place pour disperser violemment les manifestants. Cette réaction du régime vise bien évidemment à intimider les Algériens des autres villes qui vivent déjà un véritable calvaire depuis ces six dernières années, et qui voient aujourd’hui leurs conditions de vie empirer, sans que le régime ne leur vienne en aide, les laissant face à des intempéries destructrices.

Pendant ce temps, la télévision publique algérienne et d’autres porte-voix du régime d’Alger font leurs choux gras de fake news visant le Maroc, dont la réaction anticipative face aux inondations, au lieu de leur servir de leçon à reproduire, semble au contraire nourrir un complexe incurable vis-à-vis du Royaume.

Par Mohammed Ould Boah
Le 07/02/2026 à 19h19