Dans une page spéciale, Al Akhbar traite en détail l’affaire d’Aicha Amzak, une professionnelle des médias. Dans son édition du 23 janvier, le journal révèle que le Procureur du Roi près du Tribunal de première instance de Tiznit a déféré KH. B, fan d’Aicha Amzak, devant les juges, en état de liberté provisoire pour menaces, incitation à la débauche et atteinte aux systèmes informatiques.
Elans lyriquesL’histoire du harcèlement remonte au moment où KH. B réussit à mettre la main sur le numéro de portable de la victime en piratant un ordinateur. Depuis ce jour-là, elle n’a cessé de lui envoyer des SMS et de l’appeler parfois en adoptant un ton suave et séducteur, parfois en se montrant menaçante et intimidante. Peu à peu, La prévenue a commencé à s’immiscer dans sa vie personnelle et professionnelle. Elle lui reprochait parfois le fait de parler à d’autres auditrices. Quand elle entrait en colère, elle n’hésitait pas à menacer de se suicider ou de la tuer... Ou les deux à la fois. Croyant avoir affaire à un homme, Aicha Amzak a commencé à recevoir des messages plus osés avec des allusions sexuelles, rapporte Al Akhbar. L’accusée était tellement embourbée dans son spleen que parfois elle discutait avec Aicha du menu d’un repas comme si elles vivaient ensemble.
Tendances lesbiennes
Cette situation a duré tellement longtemps que l’animatrice ne supportait plus son portable et craignait que KH. B, qu’elle croyait être un homme, n’appelle en direct et la mette dans l’embarras. Devant les abus de sa fan, elle décide de réagir. Le 20 janvier courant, elle dépose une plainte auprès du Procureur à Tiznit. Sur instructions de ce dernier, la police essaie de localiser le GSM de l’accusée. Elle fait chou blanc. Le numéro est anonyme. La police demande alors l’aide d’une amie de l’animatrice pour démasquer le harceleur. Sa copine informe KH. B qu’Aicha est à Tiznit et qu’elle peut la rencontrer. Réjouie à l’idée de cette perspective tant attendue, elle saute pieds joints dans le piège.
La police tombe des nues
Rendez-vous est fixé près de la salle couverte. Quelle ne fut la surprise de l’animatrice et de la police de découvrir que le harceleur était en vérité une femme, follement amoureuse. Interpellée, elle n’hésitera pas à affirmer qu’elle tient toujours à elle, qu’elle l’admire, qu’elle l’aime à la folie. Pourtant, KH.B, de l’avis de sa famille, est une personne normale, mais qui a des tendances lesbiennes. Elle ne cesse d'observer Aicha pendant les interrogatoires, comme si elle la déshabillait du regard. Elle demande à Aicha de la pardonner mais lui affirme qu'elle ne peut pas lutter contre l’attirance qu’elle ressent pour elle. Son obsession est telle que KH. B a stocké dans son portable les messages chauds qu’elle lui envoyait et ses photos. Des preuves qui seront retenues contre elle. L’amour a parfois des chemins bien sinueux. Dans le cas de KH. B, il risque de la jeter en prison, à moins que l’animatrice ne consente à renoncer à sa plainte, si la fan promet de se tenir à carreau.



