Narjiss Tahiri l’a fait. Réalisatrice reconnue, notamment pour ses collaborations avec 2M, elle vient de lancer une série de capsules sur YouTube autour d’un thème qui lui tient à cœur: la gratitude. «Le concept est né il y a très longtemps. Après mes études en France, j’avais envie de créer un projet autour des ondes positives pour encourager les gens à être généreux», explique-t-elle.
À son retour au Maroc, diplôme de l’École supérieure de réalisation audiovisuelle (ESRA) en poche, Narjiss Tahiri est confrontée à un choc culturel. Autour d’elle, on lui reproche d’abuser du mot «merci». «Ma tante qui voulait me protéger me conseillait d’arrêter de répéter «merci» dans le milieu professionnel. Mais je tenais à rester fidèle à mes principes. Cela m’a blessée et frustrée», confie-t-elle.
Directrice d’une boîte de production, Narjiss Tahiri a eu le déclic il y a quelques années alors qu’elle a contracté une maladie grave. «J’ai dû procéder à des réajustements lorsque les médecins, incapables de déterminer la cause de ma maladie, ont conclu que le stress en était probablement la cause», raconte-t-elle. «À cette époque, je me sentais comme une funambule, cherchant à trouver l’équilibre entre les attentes de la société et mes propres valeurs.»
C’est cette réflexion qui a motivé le lancement de «Chokran», des capsules diffusées exclusivement sur les réseaux sociaux pour l’instant. Le concept: inviter des personnes peu médiatisées, issues de son entourage ou pas, à venir exprimer leur gratitude devant la caméra. Des questions comme «Qui aimeriez-vous remercier? De quelle expérience positive êtes-vous le plus reconnaissant? Quelle épreuve négative vous a finalement le plus appris?» leur sont posées. «L’important est de leur laisser la parole aux invités et de les amener à répondre spontanément. C’est presque thérapeutique, car cela les pousse à structurer rapidement leurs pensées», précise la réalisatrice.
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Le profil des invités
«J’ai sélectionné des personnes qui ont une facilité à s’exprimer, des individus généreux et dans le partage», explique Narjiss Tahiri. Elle évoque, par exemple, deux jeunes réalisatrices qu’elle a rencontrées lors de la dernière édition du Festival international du film de Salé. «Elles m’ont impressionnées. Malgré leur jeune âge, elles sont très cultivées et ont accepté d’être interviewées pour servir d’exemple aux jeunes artistes».
Initialement pensé pour la télévision, le projet évoluera bientôt en prix. «À la fin de l’année, nous organiserons une remise de prix. Il s’agira de voter pour les meilleurs témoignages et pour le meilleur acte de générosité», annonce Narjiss Tahiri, fière d’avoir enfin pu réaliser son rêve.
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