Rupture du Gazoduc Maghreb-Europe: Jose Manuel Albares se veut rassurant, sans convaincre

Le ministre espagnol des Affaires étrangères Jose Manuel Albares, au cours d'une conférence de presse le 10 septembre 2021.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères Jose Manuel Albares, au cours d'une conférence de presse le 10 septembre 2021. . Farooq NAEEM / AFP

Dans une déclaration à l'agence EFE, le ministre espagnol des Affaires étrangères Jose Manuel Albares s’est voulu rassurant sur la sécurisation de l’approvisionnement de son pays en gaz algérien, sans donner de précisions sur l’option qui sera retenue en cas de non-reconduction du contrat du Gazoduc Maghreb-Europe (GME).

Le 25/10/2021 à 12h24

Le360 le relayait dans un article paru hier, dimanche 24 octobre: à moins d’une semaine de l’arrivée à échéance du contrat du Gazoduc Maghreb-Europe transitant par le Maroc, l’Espagne est de plus en plus préoccupée par la sécurisation de son approvisionnement en gaz, et sait bien qu’elle ne pourra compter uniquement sur Medgaz, le gazoduc qui relie directement l’Algérie à l’Espagne via la mer Méditerranée.

Ce lundi 25 octobre, interpellé à ce propos lors d'une participation au Forum de la Nouvelle économie, à Madrid, le chef de la diplomatie espagnole s’est voulu rassurant en affirmant que l’approvisionnement en gaz algérien était «garanti», malgré le fait qu'il n'y ait toujours pas de décision officielle annoncée par le gouvernement algérien sur le sort qui sera réservé au GME, qui relie l’Algérie à l'Espagne via le Maroc.

«Il existe d'autres moyens de transporter le gaz, et l'important est que les Espagnols puissent dormir tranquilles», a-t-il déclaré, des propos relayés par l’agence espagnole EFE.

Jose Manuel Albares a affirmé avoir une nouvelle fois échangé, jeudi dernier, 21 octobre 2021, avec son homologue algérien, Ramtane Lamamra, qui «a garanti l’approvisionnement, car il ne peut en être autrement lorsqu'il existe un partenariat stratégique énergétique», a-t-il déclaré à EFE.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères fait ainsi allusion à une solution claironnée par le président algérien, Abdelmadjid Tebboune: celle de l'acheminement du gaz algérien par des méthaniers. Or, nul besoin d’être un expert en énergie pour savoir que cette option n’est pas du tout réaliste, l’Algérie ne disposant que d’une petite flotte, de quatre bateaux en mesure de transporter du Gaz naturel liquéfié (GNL).

Par ailleurs, les pourparlers se poursuivent actuellement entre Marocains et Espagnols à propos de l’avenir qui sera dévolu au Gazoduc Maghreb-Europe en cas de non-reconduction du contrat tripartite avec l’Algérie, lequel doit expirer le 31 octobre prochain.

Une première réunion technique a eu lieu le mercredi 20 octobre dernier, entre, d’une part, la délégation marocaine, conduite par l’Office national des hydrocarbures et des mines (Onhym) et, d’autre part, la partie espagnole, composée de représentants du ministère de l’Energie, du groupe Enagás et de Naturgy. Une seconde réunion technique est prévue en ce début de semaine. Plusieurs scénarios sont actuellement sur la table des négociations et rien n'a encore été tranché.

L’Espagne est consciente que Medgaz, dont la capacité est limitée à 8 milliards de mètres cubes par an, n’est pas en mesure d’acheminer les quantités contractuelles convenues avec l’Algérie, sans parler du risque d’interruption des livraisons, en cas d’avarie du pipeline.

Le pays n’est toutefois pas dépendant du gaz algérien et a su diversifier, ces dernières années, ses sources d’approvisionnement, en misant sur le gaz liquéfié en provenance des Etats-Unis et du Qatar.

Par Wadie El Mouden
Le 25/10/2021 à 12h24