Loyers sous tension: l’effet Airbnb et la pression des investisseurs accentuent la flambée des prix, selon Benbrahim

Adib Benbrahim, secrétaire d'État chargé de l'habitat lors des questions orales à la Chambre des représentants. (Y.Maanan/Le360)

Trouver un logement abordable dans les grandes villes devient un véritable défi. Lors des questions orales à la Chambre des représentants, Adib Benbrahim, secrétaire d’État chargé de l’habitat, a expliqué, ce lundi, comment la rareté des logements et le développement des locations à court terme, notamment via Airbnb, contribuent à cette augmentation. Une étude est en cours pour mieux organiser le marché locatif.

Le 12/01/2026 à 19h35

«Il y a effectivement une hausse des loyers, que ce soit à l’achat ou à la location». C’est par ces mots qu’Adib Benbrahim, secrétaire d’État chargé de l’habitat, a ouvert ses réponses aux questions orales à la Chambre des représentants, lundi 12 janvier 2026, sur la hausse des loyers et des prix immobiliers.

Selon lui, la principale raison de cette hausse est le déséquilibre entre l’offre et la demande: «il y a beaucoup plus de personnes à la recherche d’un logement que de logements disponibles», a-t-il souligné. Dans les grandes villes, la concentration des emplois, des établissements scolaires et des services de santé attire de nombreux habitants, tandis que les logements disponibles restent limités. Les terrains constructibles sont rares et les unités existantes sont insuffisantes pour répondre à la demande. Selon Benbrahim, cette situation explique pourquoi les prix d’achat et de location continuent de progresser, particulièrement dans les quartiers centraux.

D’autres facteurs viennent amplifier la hausse, selon le secrétaire d’État. L’un d’eux est l’intervention des investisseurs privés. Certains acquièrent des logements pour les louer via des plateformes comme Airbnb, retirant ainsi des biens du marché locatif classique. D’autres achètent pour les revendre rapidement, ce qui influence le prix de référence du marché et entraîne une augmentation des loyers pour les habitants. Ces pratiques, selon Benbrahim, contribuent directement à la pression sur le marché et à la fluctuation des prix dans les zones les plus recherchées.

À cela s’ajoute le rôle des banques et institutions financières. Les établissements bancaires privilégient désormais le financement de projets immobiliers à forte rentabilité, comme la location courte durée au détriment des logements destinés aux ménages. Cette orientation facilite l’investissement dans ces biens et participe à la pression sur le marché classique.

En outre, la localisation et les services disponibles jouent un rôle dans la hausse des prix. Les zones qui concentrent emploi, écoles, hôpitaux et commerces voient une demande accrue, tandis que l’offre ne peut pas suivre immédiatement, ce qui entraîne un déséquilibre structurel. Même les quartiers périphériques ne résolvent pas toujours le problème, car les déplacements pour le travail ou l’école peuvent être longs et coûteux, incitant les habitants à payer davantage pour rester à proximité des services essentiels.

Pour répondre à cette situation, Benbrahim a annoncé qu’une étude sollicitée par son département est sur le point d’être finalisée. Son objectif est de proposer des solutions pour enrayer la progression constatée des logements à loyers supérieurs à ceux du marché. Ces unités seraient construites ou acquises par des institutions publiques régionales et mises à disposition à long terme. Une partie du loyer serait mise de côté pour constituer un apport destiné à l’achat futur du logement, permettant aux locataires d’envisager progressivement l’accession à la propriété.

Les résultats préliminaires de cette étude sont attendus en mars. Ils permettront de définir des mesures concrètes pour organiser l’accès au logement et structurer le marché locatif. Selon Benbrahim, ces mesures viseront à tenir compte de tous les facteurs influençant les prix, de la rareté de l’offre à la spéculation, afin d’assurer une meilleure répartition des logements disponibles.

Par Najwa Targhi
Le 12/01/2026 à 19h35