Le trafic portuaire a progressé de 8,9% en 2025

Le complexe portuaire de Tanger Med, porte d’entrée des flux énergétiques et commerciaux du Maroc.

Avec 262,6 millions de tonnes traitées en 2025, contre 241,2 millions un an plus tôt, l’activité portuaire nationale enregistre une hausse annuelle de 8,9%, selon les données publiées par le ministère de l’Équipement et de l’Eau.

Le 07/02/2026 à 14h10

Tanger Med, Jorf Lasfar et Casablanca ont à eux seuls traité 232 millions de tonnes, soit près de 88% du trafic portuaire total. Cette concentration illustre la structuration progressive du système portuaire autour de quelques plateformes à très forte intensité capitalistique, capables d’absorber la croissance des échanges et les exigences des grandes lignes maritimes.

La progression est principalement portée par le transbordement, dont les volumes ont atteint 132,6 millions de tonnes, en hausse de 14,7% sur un an. Cette activité représente désormais 50,5% du trafic portuaire, devant les importations estimées à 29,6 % et les exportations portées à 15,7%, confirmant la vocation du Maroc comme hub régional de redistribution des flux maritimes.

Dans ce contexte, Tanger Med consolide son statut de plateforme clé en Méditerranée. Le complexe portuaire a traité 128,7 millions de tonnes de conteneurs transbordés, soit une progression de 14,4%, correspondant à 10,3 millions d’EVP (équivalent vingt pieds), en hausse de 7,9% par rapport à 2024. Ces performances s’inscrivent dans une logique de montée en gamme logistique, soutenue par l’intégration industrielle et la connectivité maritime du site.

Le trafic intérieur, qui regroupe importations, exportations, cabotage et soutage, s’est établi à 130 millions de tonnes, en augmentation plus modérée de 3,5%. Les importations ont totalisé 77,6 millions de tonnes, soit +2,8%, tirées notamment par les hydrocarbures près de 13,4 millions de tonnes, pour +3,9%, le charbon avec 10,4 millions, soit +7,3%, les conteneurs 13,5 millions, pour +14,6% et le transport routier 6,9 millions, +7%. À l’inverse, les céréales 10,1 millions de tonnes, soit –4,5% et le soufre 6,7 millions, pour –18,2% ont reculé.

Les exportations ont atteint 41,3 millions de tonnes, en hausse limitée de 1,4%. Le phosphate brut s’est établi à 6,8 millions de tonnes (+4%), tandis que les exportations en conteneurs ont progressé à 6,3 millions de tonnes (+10,4%) et celles par transport routier à 6,5 millions de tonnes (+5,2%). À l’inverse, le recul des flux d’acide sulfurique (-24,2%), d’acide phosphorique (-17,1%) et, dans une moindre mesure, d’engrais (-0,9%) traduit des ajustements à la fois industriels et conjoncturels.

Le cabotage national a connu une nette accélération, totalisant 9,3 millions de tonnes, en hausse de 24,3%, portée par les hydrocarbures (+41%) et, surtout, par l’acide phosphorique (+318,5%). À l’inverse, le soutage, essentiellement concentré à Tanger Med, a reculé de 4,2% pour s’établir à 1,7 million de tonnes.

Sur les segments connexes, le trafic de véhicules neufs a diminué de 5,8%, à 662.990 unités, dont environ 70% destinées à l’exportation. Le trafic passagers a progressé à 5,59 millions de voyageurs +5,4%, avec une nette prédominance des ports du détroit de Gibraltar, de Tanger Med et de Tanger Ville, qui concentrent plus de 84% des flux. L’activité croisière s’est distinguée par une hausse marquée de 41,7%, à 383.231 passagers, confirmant le regain d’attractivité du littoral marocain sur ce segment.

En parallèle, les débarquements de la pêche côtière et artisanale ont reculé de 15,2%, à 1,13 million de tonnes, tandis que le nombre d’escales de navires commerciaux s’est contracté de 2,6%, à 28.664 unités.

Au total, les données du ministère de l’Équipement et de l’Eau mettent en évidence une recomposition qualitative du trafic portuaire, davantage tirée par le transbordement et la logistique internationale que par les seuls flux domestiques. Une évolution qui renforce la position du Maroc comme plateforme maritime régionale, avec Tanger Med en pivot stratégique reliant l’Afrique, l’Europe et la Méditerranée, tout en posant la question de l’équilibre futur entre hub international et besoins de l’économie nationale.

Par La Rédaction
Le 07/02/2026 à 14h10