L’agence Fitch Ratings maintient la note du Maroc à «BB+» avec une «perspective stable»

Entrée du siège de l'agence internationale de notation Fitch Ratings, à New York. . DR

L’agence de notation Fitch Ratings a confirmé la note de la dette à long terme en devises du Maroc à «BB+» avec «une perspective stable». Une note qui reflète «une composition favorable de la dette» du Maroc, selon l’agence de notation new-yorkaise.

Le 16/05/2022 à 10h01

L’agence de notation new-yorkaise Fitch Ratings a confirmé ce lundi 16 mai 2022 la note «BB+» pour le Royaume avec une «perspective stable». L’agence de notation internationale souligne que le «BB+» du Maroc est soutenu par «une composition favorable de la dette, y compris une part modérée de devises étrangères dans la dette totale des administrations publiques, le soutien des créanciers officiels», ainsi que des réserves en devises relativement confortables.

L’agence met également en avant «le bilan de stabilité macroéconomique» du Maroc, reflété par une inflation et une volatilité du PIB «relativement faibles avant la pandémie».

Ces atouts sont toutefois contrebalancés par «la faiblesse des indicateurs de développement et de gouvernance», une dette publique «élevée» et des déficits budgétaires et courants «plus importants que ceux des pays comparables», explique Fitch dans une note récente dédiée à l’économie marocaine.

Sur le plan de la croissance, Fitch rappelle que le PIB du Maroc a rebondi de 7,4 % en 2021, après s'être contractée de 6,4 % en 2020. Pour 2022, l’agence de notation prévoit un ralentissement de la croissance à 1,1 %, en raison d’une part de la pire sécheresse depuis des décennies, entraînant une contraction de la production agricole, et d’autre part, d’un environnement international défavorable.

«Les répercussions du conflit en Ukraine et les perturbations prolongées des chaînes d’approvisionnement mondiales représentent les principaux risques à la baisse pour nos perspectives de croissance», souligne l’agence de notation.

Pour 2023, Fitch table sur une croissance économique à 3%, grâce à un retour à la normal des précipitations, à la reprise du secteur du tourisme et aux solides performances des secteurs industriels.

Sur le plan de l’inflation, Fitch indique qu’elle a été en moyenne de 1,4% en 2021, mais elle devrait augmenter à 4,7% en moyenne en 2022, reflétant la hausse des prix de l'alimentation, de l'énergie et des transports, avant de redescendre à 2 % en 2023.

De quoi se poser la question de savoir qu’elle sera la réaction de Bank Al-Maghrib, lors de son prochain Conseil, prévue en juin 2022, face à cette hausse des prix. «En mars, BAM a décidé de maintenir son taux directeur à 1,5% pour soutenir l'économie et atténuer les effets de l'environnement international défavorable. Mais si les pressions inflationnistes persistent, BAM pourrait resserrer sa politique monétaire en 2022», souligne l’agence de notation.

Sur le plan de la dette enfin, Fitch note que les déficits importants et le ralentissement économique entraîneront une augmentation de la dette publique en 2022 à 79% du PIB et 81,6% en 2023, contre 74,2 % en 2021.

«Nous prévoyons que la dette sera globalement stable à partir de 2023», indique l’agence, qui se montre rassurante quant à sa soutenabilité. «La flexibilité du financement budgétaire est étayée par l'accès à une large base d'investisseurs nationaux et un solide soutien des créanciers officiels. 77% de la dette du Trésor était libellée en dirhams à fin 2021, limitant les risques de change», explique Fitch, qui s'attend également à ce que le déficit budgétaire soit de 6,6 % du PIB en 2022 et de 6 % en 2023.

Le maintien de la note du Maroc avec une perspective stable est une bonne nouvelle qui montre la résilience de l’économie marocaine face à la conjoncture difficile qu’elle traverse. Toutefois, le Maroc n’est pas encore prêt à récupérer son «Investment Grade». Le Maroc avait perdu celui-ci en octobre 2020 auprès de l’agence de notation américaine, en passant de «BBB-» à «BB+», à cause de l’impact de la pandémie de coronavirus sur l'économie marocaine et les finances publiques.

Par Amine El Kadiri
Le 16/05/2022 à 10h01