Industrie ferroviaire: 52 millions de dirhams d’équipements français importés au Maroc en 2025

Les entreprises françaises en pole position dans l’industrie ferroviaire marocaine

Porté par un trafic record de plus de 14 millions de passagers durant l’été 2025 et un chiffre d’affaires supérieur à 5 milliards de dirhams, l’ONCF consolide sa dynamique opérationnelle. Dans ce contexte d’expansion, 52 millions de dirhams d’équipements ferroviaires français ont été livrés au Maroc, illustrant l’intensification des flux industriels liés à la modernisation du réseau.

Le 02/03/2026 à 11h01

Les exportations françaises de matériel ferroviaire vers le Maroc ont atteint 4,77 millions d’euros, soit près de 52 millions de dirhams (MDH), à fin novembre 2025, selon la Direction générale des douanes et droits indirects de la France (DGDDI), au titre de la statistique du commerce extérieur français.

Ce flux, publié sur la plateforme officielle du commerce extérieur français, concerne principalement des composants techniques dont des pièces de matériel roulant, des éléments de bogies, des équipements de voie et des matériel de maintenance. Il ne s’agit pas de rames complètes, mais d’un approvisionnement industriel lié aux cycles d’entretien et de modernisation du réseau national.

Pour mesurer la portée de ces 52 MDH, il convient de rappeler les échanges dans la structure du système ferroviaire national où selon les données publiées par l’ONCF, le réseau exploité s’étend sur environ 2.295 kilomètres, dont près de 75% sont électrifiés. Ce niveau d’électrification place le Maroc parmi les réseaux les plus avancés d’Afrique en matière d’infrastructure ferroviaire. Il implique, en contrepartie, des besoins techniques soutenus en pièces spécialisées, maintenance préventive et renouvellement d’équipements.

Le parc comprend par ailleurs 4.723 wagons de fret, selon l’ONCF, illustrant le poids structurel du transport de marchandises dans l’équilibre économique du rail national.

La dynamique d’importation d’équipements s’inscrit dans un cycle d’investissement plus large. Ainsi, le Royaume prévoit un programme ferroviaire de 96 milliards de dirhams à l’horizon 2030. Ce plan comprend notamment 53 milliards de dirhams pour la ligne grande vitesse Kénitra–Marrakech et 29 milliards de dirhams pour l’acquisition de 168 trains nouvelle génération.

Ces montants traduisent un effort d’extension capacitaire et de modernisation du matériel roulant. Ils structurent un environnement où les besoins en composants importés restent significatifs.

Dans ce contexte, les 4,77 millions d’euros exportés par la France à fin novembre 2025 apparaissent cohérents avec la trajectoire d’investissement nationale. Les statistiques de la DGDDI montrent que le Maroc figure parmi les destinations actives sur le segment ferroviaire technique. Car, il s’agit d’une relation industrielle continue, fondée sur des flux de pièces et d’équipements spécialisés. La nature des exportations confirme une intégration dans la chaîne de maintenance et d’exploitation plutôt qu’un contrat ponctuel d’infrastructure.

Les statistiques françaises signalent également des exportations marocaines de composants ferroviaires vers la France, d’un volume plus limité. Si les montants restent modestes, leur existence traduit une insertion progressive du Maroc dans certains segments de la chaîne industrielle. Ainsi, le volume de 52 MDH demeure modeste au regard des investissements programmés dans le secteur, mais illustre néanmoins le besoin du renforcement de partenariat technique entre les deux pays, notamment pour les composants importés pour soutenir l’exploitation du réseau.

À mesure que l’ambitieux programme ferroviaire de 96 MMDH d’ici 2030, sous l’impulsion du roi Mohammed VI, avance, la question industrielle devient centrale: comment accroître la part de valeur ajoutée locale dans les chaînes d’approvisionnement ferroviaires? Le secteur automobile a montré qu’un marché d’importation peut évoluer vers un écosystème industriel structuré. Dans le rail, la dynamique est enclenchée, mais l’intégration productive reste une perspective à observer.

Par Mouhamet Ndiongue
Le 02/03/2026 à 11h01