Banque mondiale: seulement 60% des droits économiques garantis aux femmes au Maroc

Les lois visant à garantir aux femmes l’égalité des chances économiques ne sont appliquées en moyenne qu’à moitié au Maroc.

Le Maroc reste confronté à d’importants défis pour assurer une pleine participation des femmes à la vie économique. Selon la dernière édition du rapport Women, Business and the Law 2026 de la Banque mondiale, le Royaume présente, à l’instar de nombreux pays, un décalage notable entre l’arsenal juridique et sa mise en application effective.

Le 01/03/2026 à 15h09

Le Maroc a encore du chemin à parcourir pour atteindre une pleine participation des femmes à l’économie. Selon la dernière édition du rapport Women, Business and the Law 2026 (Les Femmes, l’Entreprise et le Droit) de la Banque mondiale, le Maroc accuse, à l’instar de plusieurs autres pays, un important décalage à ce sujet entre les lois et la réalité sur le terrain.

L’édition 2026 du rapport, qui évalue 190 économies, indique, en effet, que le Maroc obtient un score de 60,95 sur 100 pour l’indice des cadres juridiques. Ce qui signifie que les droits légaux des femmes ne représentent qu’environ 60% de ceux des hommes, avec la persistance d’une multitude d’obstacles juridiques.

La performance du Maroc est encore plus faible pour ce qui est de la mise en œuvre pratique de ces lois. En effet, son score n’est que de 49,38 sur 100 en ce qui concerne l’indice «cadres de soutien» (c’est-à-dire les politiques publiques, les institutions et les services qui permettent d’appliquer les lois). Autrement dit, moins de la moitié des mécanismes nécessaires pour transformer les droits juridiques en réalités concrètes sont en place.

L’application des lois, le principal défi

De même, le pays affiche un score faible de 52,34 concernant la perception de l’application des lois, qui repose sur l’opinion d’experts. Ce score montre que même lorsque les lois sont théoriquement égalitaires, leur application par est perçue comme partielle, incohérente ou inefficace.

La comparaison avec d’autres pays africains montre que le Maroc est moins bien noté qu’une bonne partie des pays du contient aussi bien en ce qui concerne l’égalité des droits dans les textes qu’en matière de leur mise en œuvre.

Au niveau mondial, le rapport indique que les lois visant à garantir aux femmes l’égalité des chances économiques ne sont appliquées en moyenne qu’à moitié. Et même si ces législations sont pleinement appliquées, les femmes disposeraient à peine des deux tiers des droits dont bénéficient les hommes. Seulement 4% des femmes dans le monde vivent dans des pays leur garantissant des droits économiques quasiment égaux à ceux des hommes.

«Sur le papier, la plupart des pays affichent des résultats satisfaisants, avec un score moyen mondial de 67 sur 100 en ce qui concerne l’adoption de lois en faveur de l’égalité économique entre les femmes et les hommes», analyse Indermit Gill, économiste en chef et premier vice-président du groupe de la Banque mondiale pour l’Économie du développement.

«Mais s’agissant du respect des lois, la note moyenne tombe à 53. Et elle chute à 47 pour ce qui est de la mise en place des systèmes nécessaires à l’exercice de ces droits. Ces chiffres mettent en évidence des inégalités de chances criantes, et les conclusions de ce rapport offrent aux responsables publics des informations clés pour enrayer le déclin du potentiel de croissance des économies en développement», poursuit-il.

Le rapport examine dix thèmes liés à la vie économique d’une femme. Il s’agit notamment de la sécurité contre les violences, l’accès à des services de garde d’enfants, l’entrepreneuriat, les protections liées à l’emploi, la propriété et la sécurité à la retraite.

Par Lahcen Oudoud
Le 01/03/2026 à 15h09