Conclus par les arrondissements du Conseil de la Ville de Rabat, les marchés publics relatifs à la fourniture de denrées alimentaires des paniers du Ramadan font l’objet de critiques de plus en plus vives. Des habitants de la capitale et des représentants d’ONG ont exprimé «leurs vives préoccupations quant au non-respect des procédures légales encadrant l’octroi de ces contrats».
Selon des sources locales, plusieurs transactions auraient entraîné un vif émoi parmi l’assemblée qui compose le conseil de la ville, où des élus déplorent «un manque flagrant de transparence dans la sélection des fournisseurs, ainsi que l’absence de critères objectifs et clairement définis dans l’évaluation des offres, tant sur le plan technique que financier». Ces remarques prennent une résonance particulière lorsque l’on sait que ces initiatives visent prioritairement à soutenir les foyers les plus démunis durant le mois sacré, écrit Al Akhbar de ce vendredi 6 mars.
L’avertissement des élus du Conseil de la ville est clair: «toute entorse aux règles dans la passation de ces marchés compromet directement l’accès des bénéficiaires à l’aide alimentaire et vide de sa substance la portée sociale de l’opération». Dans ce climat de défiance, des militants associatifs ont officiellement exigé «l’ouverture d’une enquête approfondie et la publication des résultats détaillés desdits marchés», et insistent sur «la nécessité de restaurer l’État de droit et de garantir l’égalité des chances entre les différents soumissionnaires». Seule une mise en concurrence loyale permettrait, selon ces militants, «d’assurer l’acheminement des denrées vers leurs destinataires légitimes, sans délais préjudiciables ni de risques de conflits d’intérêts».
Certains militants ont même appelé à «un renforcement significatif des mécanismes de contrôle et de suivi», dans le but de faire cesser les opacités qui caractérisent la passation de ces marchés, tout particulièrement «lors des périodes de forte sensibilité sociale comme le mois de Ramadan, où la pression de l’urgence ne saurait justifier un quelconque relâchement des principes».
En réponse à ces interpellations, les autorités locales ont réaffirmé «leur détermination à faire de ces initiatives un outil efficace pour atténuer les effets des difficultés économiques sur les familles», écrit Al Akhbar. Tout en reconnaissant la pression inhérente à la rapidité d’exécution qu’impose ce type d’opération, il est fondamental, selon ces sources autorisées interrogées par le quotidien, d’établir «une conciliation indispensable entre la célérité administrative et l’exigence intransigeante de transparence dans la gestion des deniers et des transactions publiques».








