Le scandale de l’inceste d’Ain El Aouda de retour, après le décès suspect d’un jeune homme

Les enfants nés d'une relation incestueuse inspirent l'opprobre, une double injustice.

Revue de presseL’enquête est relancée dans le scandale retentissant d’Ain El Aouda, impliquant un sexagénaire poursuivi pour des abus sexuels incestueux commis sur sa fille et ses petites-filles, après la mort inexpliquée d’un jeune homme de vingt ans, l’un des cinq enfants nés de ces relations forcées. Le parquet près la Cour d’appel de Rabat a donc ordonné une autopsie approfondie pour établir l’ensemble des faits. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 04/06/2026 à 19h28

La découverte accidentellement d’une situation familiale déviante à Ain El Aouda, près de Rabat, a mis au jour des décennies de viols systématiques subis par une mère et ses filles, qui ont été révélés à la suite du décès suspect d’un jeune homme, suivie d’une démarche de demande en mariage. L’affaire, qui a entraîné une profonde émotion parmi les habitants de cette localité, et plus largement au Maroc, a débuté par la mort inexpliquée de ce jeune âgé d’une vingtaine d’années, dans une habitation modeste de la commune d’Ain El Aouda (préfecture de Skhirat-Témara).

Son décès a immédiatement éveillé les soupçons des autorités judiciaires, indique le quotidien Al Akhbar de ce vendredi 5 juin, et a conduit le parquet près la Cour d’appel de Rabat à ordonner une autopsie approfondie sur sa dépouille, ainsi que des examens médico-légaux, afin de déterminer avec exactitude les causes de ce décès, soupçonnant que «cette disparition prématurée découlait des conséquences d’une relation incestueuse prolongée», écrit le quotidien.

Les recherches initiales qui ont été menées ont rapidement permis de révéler une réalité bien plus sordide. Le défunt était un des enfants nés d’une relation forcée et continue entre le père de cette famille, un sexagénaire né en 1966, et sa propre fille, née en 1987. Sous l’emprise de cet homme, contrainte à ces relations forcées et au mutisme le plus total, elle a dû partager pendant plusieurs années le quotidien de son agresseur, faisant de celui-ci à la fois le père et le grand-père des enfants nés de ces viols.

Le scandale a éclaté à la suite d’une démarche sociale ordinaire, relate Al Akhbar. Une habitante de cette région s’était présentée au domicile familial afin de demander l’une des jeunes filles en mariage pour son fils. Les réponses évasives de cette famille pour retarder les procédures administratives ont enjoint cette femme à entreprendre des vérifications qui ont révélé une absence totale de documents d’état civil pour l’ensemble de cette fratrie. Une anomalie administrative majeure à cause de laquelle la brigade de la Gendarmerie royale d’Ain El Aouda a décidé d’approfondir les investigations.

Les auditions menées par les enquêteurs ont permis de comprendre l’extension des violences sexuelles aux générations suivantes. Les trois autres filles de la famille, âgées respectivement de seize, dix-sept et vingt ans, ont confirmé avoir été victimes de viols réguliers de la part de leur grand-père biologique, qui est donc aussi leur père. Les victimes ont déclaré avoir subi ces agressions sous l’emprise d’une terreur constante, leur mère étant dans l’incapacité d’intervenir ou de dénoncer les faits, par crainte de représailles de ce monstre.

Devant la gravité des faits, et les conclusions livrées par une série d’expertises génétiques menées sur l’ensemble de la fratrie, le juge d’instruction près la Cour d’appel de Rabat a pris des mesures judiciaires strictes. Le principal suspect a été placé en détention provisoire à la prison locale de Tamesna, sous le coup d’accusations de «relations incestueuses» et d’«agressions sexuelles répétées sur mineures». La mère des victimes, par ailleurs mariée, a elle aussi été écrouée, accusée de «complicité» et de «non-dénonciation de crimes». Son époux a été placé sous contrôle judiciaire, dans l’attente du développement des procédures pénales en cours.

Par La Rédaction
Le 04/06/2026 à 19h28