Ksar El Kébir vue du ciel: la montée des eaux se poursuit et engloutit, peu à peu, toute la ville

La ville de Ksar El Kébir sous les eaux, vendredi 6 février 2026.

La ville de Ksar El Kébir sous les eaux, vendredi 6 février 2026.

Le 06/02/2026 à 15h24

VidéoCe vendredi 6 février 2026, la montée des eaux transforme Ksar El Kébir en un vaste marécage. Grâce à une évacuation préventive massive, plus de 112.000 habitants ont été mis en sécurité, mais la vigilance reste de mise face à une crue toujours menaçante.

Au matin de ce vendredi 6 février 2026, Ksar El Kébir n’est plus qu’un décor figé, abandonné à la montée lente mais implacable des eaux. Autrefois pleines de vie, les ruelles sont aujourd’hui désertées, les habitants ayant évacué les lieux dans l’urgence, sans céder à la panique. La ville, vidée de sa population, semble suspendue dans le temps, tandis que l’eau progresse inexorablement, gagnant quartier après quartier.

Depuis plusieurs jours, la crue de l’oued Loukkos et les fortes précipitations ont plongé Ksar El Kébir dans une situation hydrologique critique. Les scènes observées ces derniers jours et immortalisées par ces images décrivent une ville méconnaissable, où les rues sont rendues impraticables par l’eau stagnante et les débordements successifs.

Aujourd’hui, la ville semble céder progressivement sous la pression des eaux. Axes principaux, quartiers résidentiels et zones agricoles périphériques restent exposés aux effets d’un épisode hydrologique dont l’ampleur et l’évolution demeurent incertaines.

Face à cette montée des eaux, les autorités avaient choisi d’agir vite, privilégiant la prévention à l’improvisation. Et elles ont eu raison. Les données actualisées jusqu’à la matinée de ce vendredi 6 février 2026 confirment que les opérations d’évacuation progressive des habitants de plusieurs collectivités territoriales exposées aux risques d’inondations se poursuivent, selon une approche préventive tenant compte du degré de danger et de l’ampleur des dommages potentiels. Divers moyens logistiques ont été mobilisés afin d’assurer le transport des sinistrés dans les meilleures conditions possibles.

Ces opérations ont permis, jusqu’à ce même vendredi, l’évacuation et le transfert de 154.309 personnes à travers plusieurs provinces. Dans le détail, 112.695 personnes ont été évacuées dans la province de Larache où se trouve Ksar El Kébir, 23.174 dans la province de Kénitra, 14.079 dans la province de Sidi Kacem et 4.361 dans la province de Sidi Slimane.

Ces interventions s’inscrivent dans une stratégie globale visant à protéger les vies humaines et garantir la sécurité des citoyens. Elles ont permis d’éviter un scénario qui s’annonçait dramatique. Les autorités ont en effet multiplié les opérations d’évacuation dès les premiers signes de danger, notamment après l’émission d’alertes météorologiques rouges annonçant des précipitations exceptionnelles et un risque élevé de débordement des cours d’eau.

A Kénitra, Sidi Kacem et Sidi Slimane, la montée brutale des eaux avait déjà contraint les équipes de secours à intervenir pour évacuer des familles isolées ou transférer des sinistrés vers des centres d’hébergement d’urgence, confirmant l’ampleur de la catastrophe naturelle qui frappe plusieurs régions. Les opérations de secours se poursuivent sans relâche, signe que la situation reste critique et exige une mobilisation permanente des services concernés.

Pas de signe de régression des eaux

Selon les données de terrain et les prévisions d’observation, les inondations ne montrent aucun signe de régression. Au contraire, la situation pourrait s’aggraver avec une élévation du niveau de risque, liée notamment à la saturation des sols et à la pression exercée par les retenues d’eau en amont.

Dans ce contexte, les autorités appellent la population à maintenir le plus haut degré de vigilance et de prudence. Il est formellement déconseillé, à ce stade, de tenter de regagner les zones sinistrées tant que la situation n’est pas stabilisée et qu’aucune directive officielle n’a été émise. Ce respect des consignes demeure essentiel pour préserver les vies humaines et garantir la sécurité collective.

À Ksar El Kébir, le silence des rues inondées raconte aujourd’hui l’histoire d’une ville qui a su, grâce à l’anticipation et à la mobilisation générale, éviter le pire. Mais derrière cette ville fantôme, engloutie peu à peu par les eaux, demeure une certitude: la vigilance reste la meilleure protection face à une nature qui rappelle, une fois encore, sa puissance imprévisible.

Par Tarik Qattab
Le 06/02/2026 à 15h24