C’est l’incompréhension totale à Agadir. Alors que la gare routière Al Massira devait initialement ouvrir ses portes avant le coup d’envoi de la CAN 2025, le bâtiment ressemble aujourd’hui à une «construction fantôme». Un retard qui exaspère autant les voyageurs que les professionnels du transport.
Les travaux de réhabilitation, qui ont englouti un investissement colossal de plus de 40 millions de dirhams, sont achevés depuis des mois. Pourtant, les grilles restent closes. Pour Moustafa Andam, acteur associatif local, ce silence du Conseil communal dirigé par Aziz Akhannouch est une véritable énigme. Selon lui, cette situation est vécue comme une «ébauche de mépris» envers les citoyens.
«Les habitants d’Agadir s’étonnent du retard de l’ouverture de la gare routière Al Massira jusqu’à aujourd’hui, sans que le Conseil communal ne sorte de son silence pour expliquer les raisons de ce blocage incompréhensible», déplore Moustafa Andam.
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En attendant une hypothétique inauguration, les usagers et les chauffeurs doivent composer avec une gare provisoire jugée insalubre et chaotique. Ce site de substitution, qui manque d’infrastructures de base selon les témoins sur place, contraste fortement avec la modernité du nouveau bâtiment.
Pour beaucoup, cette situation impacte l’image de la capitale du Souss, notamment auprès des visiteurs. «Cette station temporaire “anarchique” porte préjudice à la ville et à sa réputation touristique. Elle manque des services publics les plus élémentaires, ce qui rend le passage des voyageurs insupportable», fustige l’acteur associatif.
Sur le terrain, la comparaison avec les nouvelles gares de Rabat, Casablanca ou Tanger alimente la frustration. «On nous promet toujours une ouverture prochaine, mais rien ne vient. En attendant, les touristes arrivent et tombent sur ce spectacle de désorganisation», s’indigne un habitant rencontré sur place.
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Face à ce qu’ils qualifient de «gestion aléatoire», les professionnels du secteur ne cachent plus leur ras-le-bol. Ce dossier, pourtant stratégique pour la mobilité régionale, semble aujourd’hui au point mort.
«Nous demandons une accélération des procédures pour ouvrir l’établissement et achever les travaux restants, par respect pour les habitants, les visiteurs et le cahier des charges», martèle Moustafa Andam.
Entre l’achèvement technique du projet et sa mise en service effective, les usagers espèrent désormais une décision rapide des autorités pour mettre fin à une attente qui n’a que trop duré.




