Dattes algériennes: tous ces dangers pour la santé auxquels les Marocains s’exposent

Des dattes algériennes de type «Deglet Nour». (K.Essalak/Le360)

Le 25/02/2026 à 17h54

VidéoLes dattes algériennes, présentes sur certaines tables marocaines, seraient contaminées par des résidus chimiques et un excès de sucres, selon des enquêtes et des spécialistes.

La datte, aliment incontournable du ftour marocain, pourrait devenir une source de maladies graves. Considérée comme un apport d’énergie, de minéraux et de vitamines, la datte menace aujourd’hui la santé de ses consommateurs. Le problème concerne particulièrement les dattes algériennes, consommées en abondance par certains Marocains pendant le mois sacré, méconnaissant souvent la dangerosité des méthodes de production.

Durant la première semaine du Ramadan, Le360 a visité le marché de Derb Milan à Casablanca pour recueillir l’avis des commerçants sur les préférences des Marocains et leur connaissance de l’origine des dattes.

Sur place, un commerçant explique que «la majorité des clients préfèrent les dattes marocaines. Certains refusent même d’acheter des dattes algériennes, y compris à bas prix, en raison des doutes liés aux méthodes de production et à l’usage de pesticides».

Un autre commerçant a souligné que les dattes locales inspirent davantage confiance, car elles sont naturelles et passent «de l’arbre à la boîte» sans transformation industrielle.

Ces témoignages reflètent un changement dans les habitudes de consommation, nourri par des discussions sur les réseaux sociaux concernant l’origine et la qualité des dattes algériennes, ainsi que par la diffusion de rapports internationaux sur les défis liés à la réutilisation des eaux dans certaines pratiques agricoles.

À ce sujet, un rapport publié en mars 2022 par l’Association française de l’eau et de l’irrigation (AFEID) et le centre COSTEA, dans le cadre du projet REUSE sur la réutilisation des eaux usées en agriculture, pointe des «lacunes techniques» graves dans le système de traitement de l’eau en Algérie. Plus de 200 stations d’épuration manqueraient de la «phase de traitement tertiaire», seule capable de rendre les eaux usées sûres pour l’irrigation agricole.

Le rapport relève également des rejets industriels non contrôlés dans les réseaux d’assainissement, ce qui signifie que l’eau d’irrigation des palmiers peut être chargée en métaux lourds et produits chimiques que les stations d’épuration traditionnelles ne peuvent éliminer.

Pour expliquer les conséquences sanitaires possibles de ces méthodes de production et de traitement différentes, Karim Wali, spécialiste en nutrition de précision et médecine intégrative, déclare: «Si l’eau d’irrigation est polluée, le fruit est contaminé à 90%, car la datte absorbe les composants du sol et de l’eau. Nous parlons de xénobiotiques et de métaux lourds qui neutralisent les antioxydants dans le corps humain.»

Il ajoute: «Cette contamination entraîne à long terme de graves perturbations hormonales, des maladies auto-immunes et, dans les cas accumulés, un risque de cancer, car le corps consomme son énergie pour combattre les toxines au lieu de renforcer l’immunité.»

Karim Wali ne s’est pas limité aux risques liés à la pollution. Il a également comparé en laboratoire la datte algérienne Deglet Nour avec des dattes marocaines comme Majhoul et Bouskri. Les résultats montrent que les dattes importées contiennent jusqu’à 50% de saccharose, un sucre complexe qui fait rapidement monter la glycémie, constituant un risque pour les diabétiques. En revanche, la majorité des dattes marocaines contiennent 0% de saccharose et reposent sur des sucres simples (fructose et glucose) plus sûrs pour la santé.

Par Ghania Djebbar et Khalil Essalak
Le 25/02/2026 à 17h54