Crypto-monnaies: les Marocains victimes d’insidieuses arnaques

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Revue de presseBeaucoup de Marocains ont perdu d’importantes sommes en se faisant arnaquer par des plateformes frauduleuses, spécialisées dans les transactions en crypto-monnaies. La multiplication de ces cas a enjoint les autorités marocaines à confirmer l’interdiction de l’utilisation de ces monnaies numériques, car les transactions financières avec des structures étrangères doivent nécessairement, selon la législation, passer par les banques marocaines. Une revue de presse d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 08/04/2024 à 20h26

En investissant de l’argent dans des plateformes de transactions de devises numériques (communément nommées plateformes de crypto-monnaies), des dizaines de Marocains se retrouvent tous les jours à être les victimes de diverses formes d’arnaques en ligne.

Selon Al Ahdath Al Maghribia de ce mardi 9 avril 2024, des citoyens de tous âges sont ensuite contraints d’expliquer de quelle manière ils sont tombés dans ces pièges, en se faisant berner par des personnes, parfois de proches connaissances, pour rejoindre le club (très fermé) des détenteurs de ces nouvelles monnaies virtuelles.

À Rabat, une jeune Marocaine explique ainsi avoir cru, au début, qu’elle allait «gagner beaucoup d’argent, en investissant 5.000 dirhams dans l’une de ces plateformes numériques». Puis, «cinq semaines après avoir commencé cette aventure», elle a perdu la totalité de sa mise.

Le témoignage d’un jeune Casablancais est tout aussi édifiant, à propos des tentations d’investir dans des crypto-monnaies. Il a expliqué au quotidien toutes les étapes qu’il avait traversées pour se retrouver sous l’emprise d’écrans où défilent des cours de devises, et a avoué avoir d’abord été «impressionné par le professionnalisme et le sérieux de ces plateformes, qui utilisent des graphiques, des lignes et des courbes».

Pire encore, a-t-il décrit, «des personnes qui se cachent derrière des écrans veillent d’abord à vous faire gagner de petites sommes, pas plus de 100 dirhams, afin de vous encourager à investir des sommes plus importantes, pour tenter de gagner plus» de monnaie virtuelle.

Cette méthode de recrutement se répète à l’identique à chaque fois, en demandant aux dernières recrues de télécharger une application aux noms variables, dont les adresses s’inspirent des noms des devises numériques, ou des plateformes mondiales de cours de change des plus grandes Bourses du système financier planétaire.

Azzedine, écrit Al Ahdath Al Maghribia, est un jeune Marocain qui a investi 7.000 dirhams dans l’une de ces plateformes et dont le compte bancaire s’est retrouvé à découvert, quelques jours plus tard. Sa mise de départ avait commencé à s’amenuiser, et ses interlocuteurs n’avaient plus répondu à ses messages.

C’est par l’intermédiaire d’un ami qu’Azzedine a ensuite su que cette plateforme s’apprêtait à clôturer ses offres.

Nadia, une salariée, raconte quant à elle avoir été l’une des plus ferventes partisanes des crypto-monnaies, dès leur apparition. Elle a continué à croire en leur potentiel, même quand un débat avait fait rage parmi certains adeptes marocains du bitcoin, à propos du rendement des crypto-monnaies.

Nadia a fini, comme beaucoup d’autres, à comprendre qu’elle avait été victime d’une arnaque qu’elle qualifie d’«ingénieuse».

Interrogé par le quotidien, El Hassan Bartaki, expert en systèmes d’information et de programmation, a expliqué que «l’investissement dans les devises numériques est un danger pour ceux qui en font usage, car il s’agit de monnaies virtuelles, représentées par des chiffres et des codes développés avec des méthodes complexes, dont il se donne la tâche ardue de connaître l’origine».

Selon El Hassan Bartaki, ces transactions ne sont pas garanties, car leurs utilisateurs traitent avec des anonymes qui ne passent pas par des intermédiaires, comme les sociétés de transfert d’argent et les banques centrales.

L’expert en systèmes d’information et de programmation confirme que c’est d’ailleurs ce qui a poussé les autorités marocaines à interdire l’utilisation des crypto-monnaies, les transactions financières avec l’étranger devant exclusivement passer par les banques marocaines.

Par Hassan Benadad
Le 08/04/2024 à 20h26