Abattage de la volaille: Laftit déclare la guerre aux tueries dans les quartiers populaires

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Revue de presseKiosque360. Les ministres de l’Intérieur et de l’Agriculture ont décidé de mener une guerre sans merci contre les tueries de volailles dans les quartiers populaires. Des mesures drastiques ont été imposées aux propriétaires des points de vente pour l'exercice de leurs activités.

Le 15/05/2019 à 22h13

Le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a adressé une lettre, signée conjointement avec le ministre de l’Agriculture, Aziz Akhannouch, aux walis et aux gouverneurs pour qu’ils renforcent le contrôle sur les tueries de volailles dans les quartiers populaires. Les deux départements ont donné deux options aux propriétaires des points de vente de volaille vivante, d'abattage et de découpe. Le premier scénario consiste à approvisionner en viande de volaille exclusivement les ménagères, en respectant les dispositions du cahier des charges. Du coup, ils sont donc interdits d’alimenter les restaurants, les abattoirs et les détaillants. Le deuxième choix pour que ces commerçants puissent poursuivre leurs activités, consiste à transformer leurs points de vente en unités de vente de détail qui seront approvisionnées par les abattoirs agréés. La lettre fait porter la responsabilité de la dégradation de la situation des lieux d’abattage et de préparation de la viande de volaille aux présidents des communes. Ce sont ces responsables locaux qui accordent des autorisations relatives à la vente de volaille vivante. Mais leurs bénéficiaires finissent par transformer leurs boutiques en lieux d’abattage et de découpe de la volaille, en l’absence du minimum de conditions d’hygiène.

Le quotidien Al Massae rapporte, dans son édition du jeudi 16 mai, que les deux ministres ont conditionné l’octroi de chaque autorisation à l’approbation d’une commission locale composée de représentants de l’Office national de la sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) et du ministère de la santé. La lettre ministérielle pose des conditions drastiques pour le transport de la volaille des fermes vers les marchés de gros dans les grandes villes. Les camions devront être agréés par l’ONSSA et dûment notifiés par une autorisation. Les chauffeurs devront aussi se munir d’un document d’accompagnement délivré par le propriétaire de la ferme ou par le grossiste. La lettre est catégorique, puisque tout camion ne disposant pas de ce document verra sa cargaison saisie et détruite. De plus, un PV d’infraction sera établi à l’encontre du propriétaire du véhicule. Afin de circonscrire les maladies au sein de la volaille, la lettre exige que les marchés de gros soient dotés d’équipements nécessaires pour le nettoyage de ces camions au moment de leur entrée et avant leur sortie du marché. Il faut rappeler que le volume des volailles consommées et échappant à tout contrôle sanitaire et vétérinaire atteint 92% de la consommation nationale. L’association nationale des abattoirs industriels avicoles indique que le nombre des tueries anarchiques a atteint 13.900 unités.

Par Hassan Benadad
Le 15/05/2019 à 22h13