Quand le MUR déroule le tapis rouge à un prédicateur rétrograde

Mohamed Al Arifi . DR

Le Mouvement unicité et réforme (MUR) suscite de nouveau la polémique. Il invite, pour une conférence le 25 octobre, l’un des plus rétrogrades prédicateurs saoudiens et s’attire des foudres de toutes parts. De nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer la venue de Mohamed Al Arifi au Maroc.

Le 10/10/2015 à 15h40

Mohamed Al Arifi est l’un des prédicateurs saoudiens les plus rétrogrades. Ses fatwas (avis religieux), il en produit à la tonne! Et elles sont toutes aussi surréalistes. L’une de ses dernières trouvailles est qu’un papa ne doit pas se retrouver en tête-à-tête avec sa fille puisque Satan pourrait s’en mêler et provoquer l’irréparable. Pour ce prédicateur, un homme ne doit pas serrer la main d’une femme, à condition qu’elle ait plus de 80 ans. Et quand il s’improvise diététicien, c’est un autre délire: pour lui, l'urine de chameau guérit toutes les maladies, cancers compris !

Et c’est ce prédicateur wahhabite que le MUR invite pour animer une de ses conférences, le 25 octobre prochain à Rabat. «C’est un scandale que d’inviter un ennemi des Droits de l’Homme et surtout de la femme. Le comble, c’est qu’il va prendre la parole à la Salle Ben Barka», réagit Khadija Rouissi, présidente déléguée de l’ONG Bayt Al Hikma. Et elle n’est pas la seule puisque d’autres voix s’élèvent pour demander l’interdiction de fouler le territoire national à ce prédicateur qui fait l’éloge du terrorisme et véhicule les idées les plus rétrogrades.

Non, c’est pas moi !Interrogé par Le360, Abderrahim Cheikhi, président du MUR, base-arrière du PJD, est d’un autre avis. «Il ne vient pas au Maroc à notre invitation, mais pour participer à une autre activité. La section de Rabat a jugé opportun de l’inviter le temps d’une conférence autour du Coran», explique notre interlocuteur qui affirme que le MUR ne partage pas forcément les avis et opinions de Mohamed Al Arifi.Du côté du PJD, gêné par toute la polémique suscitée par la venue de ce prédicateur interdit de séjour dans certains pays comme la Suisse, on préfère éluder la question. «Je ne me prononce pas sur les affaires du MUR et même pas du PJD», nous rétorque laconiquement Mustapha El Khalfi, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, mais également l’un des anciens responsables du MUR. Il faudra alors attendre le 25 octobre prochain avec, éventuellement aux premières rangées, les leaders du MUR et du PJD, pour écouter la bonne parole du Cheikh Al Arifi.

Par Mohammed Boudarham
Le 10/10/2015 à 15h40