Pas moins de 210 milliards de dirhams seront mobilisés sur une période de huit ans pour l’exécution des programmes de développement territorial intégré, selon les premières estimations présentées par Abdelouafi Laftit lors du conseil des ministres tenu ce jeudi.
La conception de ces programmes repose sur une approche fondée sur les besoins exprimés à l’échelle locale par les citoyens. De larges actions de concertation et d’écoute ont été organisées dans l’ensemble des préfectures et provinces du Royaume.
Un diagnostic territorial a été établi pour chaque préfecture et province, sur la base de l’analyse des indicateurs socio-économiques, avec une identification des points de force et de faiblesse en matière d’accès de la population à l’emploi, à l’éducation, à la santé, à l’eau et aux programmes de mise à niveau territoriale.
Trois niveaux de pilotage
Le dispositif de gouvernance s’articule sur trois échelons distincts, du local au national, indique le communiqué du cabinet royal à l’issue du Conseil des ministres.
Au niveau local, un comité sera créé dans chaque préfecture et province, présidé par le gouverneur et composé des élus ainsi que des représentants des services déconcentrés de l’État. Ce comité sera chargé de l’élaboration des programmes, du suivi de l’exécution des projets et de la concertation avec la population cible, tout en assurant la mise en valeur des potentialités des territoires concernés.
À l’échelon régional, le wali présidera un comité chargé de consolider les programmes de développement territorial intégré relatifs à l’ensemble des préfectures et provinces de sa région, en veillant à l’harmonisation des projets entre eux.
Au niveau national, un comité présidé par le chef du gouvernement sera mis en place. Composé des départements ministériels concernés, il sera chargé de la validation des programmes, du respect de leur caractère intégré et concerté, ainsi que de l’établissement des indicateurs de suivi et d’évaluation permettant de mesurer leurs impacts. La coordination générale et la mobilisation des financements nécessaires relèveront également de ce niveau national.
Les AREP remplacées par des sociétés anonymes
Sur le plan des mécanismes d’exécution, les Agences régionales d’exécution des projets (AREP) seront remplacées par des sociétés anonymes dont les conseils d’administration seront présidés par les présidents de régions. Cette transformation vise à concilier les exigences de la gouvernance et du contrôle public avec la flexibilité de gestion et l’efficience de performance inspirées du secteur privé.
La mise en œuvre de ces programmes fera l’objet d’un audit annuel mené conjointement par l’Inspection générale des finances et l’Inspection générale de l’administration territoriale, chargées d’apprécier les performances et de s’assurer du respect des procédures d’exécution.
Une plateforme digitale dédiée sera par ailleurs créée pour permettre à l’ensemble des citoyens et acteurs institutionnels d’accéder aux informations relatives à la programmation, à l’état d’avancement des travaux et à la réalisation des projets.




