Des éboulements relancent les débats sur le tunnel du Tichka

Le col du Tichka, qui relie Marrakech à Ouarzazate.

Revue de presseLa fragilité chronique du col du Tichka, seule artère reliant le centre du Maroc à ses régions du Sud-Est, provoque une indignation croissante. Face aux coupures routières répétées, la demande de réalisation du tunnel alternatif émerge avec force, portée par les populations locales, les usagers et leurs représentants politiques. Cet article est une revue de presse tirée d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 27/01/2026 à 18h33

La question cruciale de la construction du tunnel du Tichka (ou de l’Ourika) resurgit avec une intensité renouvelée, portée par une mobilisation citoyenne vigoureuse sur les réseaux sociaux, particulièrement au sein des communautés originaires du Sud-Est du Royaume. Ces derniers jours, les revendications se sont faites plus pressantes, suite à de nouvelles perturbations bloquant l’unique liaison routière entre le centre et ces régions.

Le passage du col du Tichka, axe vital pour le transport des personnes et des marchandises vers Ouarzazate et au-delà, a en effet été affecté par d’importants éboulements rocheux, relaie Ahdath Al Maghribia de ce mercredi 28 janvier. Sur internet, des sites comme Zagora News relaient l’exaspération des habitants et des usagers, diffusant des images d’obstructions ayant paralysé la circulation durant plusieurs heures, avant une réparation provisoire par les services techniques.

Cet incident ravive une vive colère et des appels insistants, dénonçant l’inefficacité des solutions de fortune face à la répétition annuelle de ces crises à chaque saison hivernale. Ces derniers jours, les fortes chutes de neige et les chutes de pierres ont rendu la circulation sur la route nationale N°9 (Marrakech-Ouarzazate) extrêmement difficile, contraignant les autorités à procéder à des fermetures par barrières mobiles à Taddart, Touama ou Aït Ourir, en coordination avec les provinces d’El Haouz et de Ouarzazate.

Confrontés à ce scénario, qui se reproduit immanquablement, les citoyens du Sud-Est et les usagers ont massivement investi l’espace numérique pour exiger la concrétisation dans les meilleurs délais du projet de tunnel de Tichka. Une attente qui trouve un écho au plus haut niveau. Intervenant devant le Parlement au cours de ce mois de janvier, le ministre de l’Équipement et de l’Eau, Nizar Baraka, a confirmé que le tunnel reliant Ourika à Ouarzazate était un projet existant, dont la réalisation doit s’inscrire dans le cadre des Hautes Orientations Royales. Il a précisé que des études géophysiques seront prochainement confiées à une entreprise, après le retrait de plusieurs sociétés précédemment pressenties, écrit Al Ahdath Al Maghribia.

Toutefois, cette perspective ne suffit pas à apaiser les impatiences. Lors de la séance parlementaire de ce lundi 26 janvier, le député de la circonscription de Zagora Abderrahim Chahid a critiqué avec véhémence les retards accumulés, estimant que cette situation était «inadmissible». Il a aussi reproché au ministre de prétexter la nécessité de mener des études, alors même que les villes du Sud-Est subissent, selon lui, les conséquences d’un isolement récurrent.

Par Hassan Benadad
Le 27/01/2026 à 18h33