La stratégie forestière «Forêts du Maroc 2020-2030» compromise?

Cèdres du Moyen Atlas, pris en contre-plongée. Le Maroc abrite la principale cédraie en Méditerranée et Cedrus atlantica s'y étend sur 134.000 hectares. Un écosystème de nos jours menacé par le dérèglement climatique et la pression humaine.
Cèdres du Moyen Atlas, pris en contre-plongée. Le Maroc abrite la principale cédraie des pays du pourtour méditerranéen, et Cedrus atlantica s'y étend sur près de 134.000 hectares. Un écosystème de nos jours menacé par le dérèglement climatique et la pression humaine.. Fadel Senna / AFP

Revue de pressePilotée par l’Agence nationale des eaux et forêts, la stratégie forestière «Forêts du Maroc 2020-2030» n’aura vraisemblablement pas atteint ses objectifs en 2023. Le taux de reboisement n’en est qu’à 38%, ce qui représente, entre 2020 et 2023, un total de 75.000 hectares seulement de superficies plantées. Pis encore, la saison du semis des arbres, qui devrait déjà avoir débuté, ne l’est toujours pas. Une revue de presse d’Al Akhbar.

Le 04/12/2023 à 20h07

Présentée le 13 février 2020 devant le Roi Mohammed VI, la stratégie forestière «Forêts du Maroc 2020-2030», qui doit rendre le secteur forestier plus compétitif et durable, préserver et développer l’ensemble des ressources naturelles, n’est, selon toute vraisemblance, vraiment pas sur la bonne voie.

Al Akhbar le constate, ce mardi 5 décembre 2023: «le programme d’une superficie de 600.000 hectares de plantations forestières avec une moyenne de 60.000 hectares par an au début de ce programme, pour atteindre 100.000 hectares à l’horizon 2030, serait émaillé de dysfonctionnements».

Trois années après le lancement de la stratégie, écrit le quotidien, «la superficie plantée demeure loin des objectifs visés par l’Agence nationale des eaux et forêts entre 2020 et 2023».

Le taux de reboisement n’en est actuellement qu’à 38%, ce qui représente une superficie d’un total de 75.000 hectares, expliquent des interlocuteurs interrogés par Al Akhbar.

Un constat qui en entraîne un autre: les semis d’arbres n’ont pas encore débuté cette année, à cause d’un retard sur l’approbation de marchés publics relatifs à ces semis, aux plants, aux pépinières, ainsi qu’au repérage et au creusement des trous.

A l’origine de ces retards cumulés, un circuit administratif compliqué, ce qui pourrait se répercuter négativement sur le déroulement du processus des semis, indiquent les interlocuteurs d’Al Akhbar.

Le marché public qui concerne les semis n’est d’ailleurs toujours pas validé, alors que celui concernant l’opération des emplacements des trous des semis des futurs arbres est lui aussi chancelant.

Selon Al Akhbar, «des millions de dirhams seront dilapidés dans la préparation d’un certain nombre de plants, sans que leur équivalent en trous nécessaires pour les planter ne soit aménagé».

Tout cela, sans compter les nombreux retards qu’accuse la réalisation de toute l’opération.

Pour se sortir de ces problèmes, explique le quotidien, «l’administration de l’Agence nationale des eaux et forêts a recours à des mesures urgentes, en vue de sauver la situation».

Les retards accusés dans la concrétisation de ces chantiers ont en effet enjoint des ingénieurs, des cadres et d’autres responsables de cette administration à alerter leur hiérarchie.

Par Mohamed Younsi
Le 04/12/2023 à 20h07