Espace euro-méditerranéen: Bourita expose la vision du Maroc pour un partenariat mutuellement avantageux

Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, lors de la Retraite sur l'avenir des relations euro-méditerranéennes à Rabat le 11 septembre 2025 (Y.Mennan/Le360).

Le 11/09/2025 à 15h00

VidéoAlors que l’Union européenne s’apprête à donner une nouvelle impulsion à l’espace euro-méditerranéen à travers un pacte rénové, le Maroc a choisi de se positionner au cœur du débat. Jeudi à Rabat, Nasser Bourita, a dressé un état des lieux sans complaisance, identifiant les principaux défis à relever et esquissant des pistes de travail pour bâtir un modèle de partenariat rééquilibré, plus inclusif et à la mesure des enjeux stratégiques communs aux deux rives.

Ouvrant les travaux du séminaire de haut niveau consacré aux «relations euro-méditerranéennes», où le Maroc joue un rôle central, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a estimé que l’espace euro-méditerranéen devait désormais accorder une attention accrue au Sud, «qui ne doit plus être traité comme la périphérie d’un programme mais comme la seconde moitié d’un espace à construire ensemble».

L’objectif de cette rencontre était d’établir un bilan des relations entre l’Union européenne et ses partenaires méridionaux, tout en identifiant des pistes concrètes susceptibles de renforcer la coopération sur des enjeux stratégiques et prioritaires pour les deux rives de la Méditerranée.

S’exprimant devant la commissaire européenne en charge de la Méditerranée, Dubravka Šuica, et en présence de nombreux ambassadeurs européens, le chef de la diplomatie marocaine a dressé un constat lucide des dysfonctionnements actuels de cet espace.

Face à ce diagnostic, M. Bourita a appelé à restaurer «la centralité» de l’espace euro-méditerranéen dans un contexte marqué par la multiplication des initiatives parallèles. Le Maroc, a-t-il souligné, propose une vision claire et ambitieuse pour «construire cet espace», articulée autour de quatre axes: la valeur, la sécurité, l’intégration économique et le modèle des connaissances. Cette ambition, a-t-il précisé, requiert d’importants investissements et une préparation à long terme.

Enfin, en conclusion, le ministre a réaffirmé que «le Maroc porte cette vision avec humilité et détermination», lors de ce conclave diplomatique où l’enjeu était de projeter une Méditerranée érigée en véritable communauté de destin.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 11/09/2025 à 15h00