Ahmed Touizi prend les commandes de la Chambre des représentants à l’ouverture de la douzième législature. Le député du PAM, élu dans la circonscription d’Al Haouz, a obtenu 220 voix lors du scrutin organisé ce mardi 13 octobre 2026, contre 59 pour Driss El Azami El Idrissi, candidat du Parti de la justice et du développement (PJD). Il succède ainsi à Rachid Talbi Alami, du Rassemblement national des indépendants (RNI).
C’est dans le Haouz que s’est construit le parcours d’Ahmed Touizi. Originaire de cette province, il commence sa carrière professionnelle dans l’enseignement avant de s’engager dans la vie politique et la gestion des affaires locales. Il prend notamment la tête du conseil communal d’Aït Ourir, une responsabilité qui constitue l’un des principaux points d’ancrage de son parcours politique.
Son itinéraire le conduit ensuite à exercer des responsabilités à l’échelle régionale. Il préside l’ancien conseil de la région Marrakech-Tensift-Al Haouz, de 2011 à 2015, avant de poursuivre son parcours parlementaire. Il siège également à la Chambre des conseillers, dont il intègre le bureau, avant de retrouver la Chambre des représentants.
Élu député d’Al Haouz lors des législatives de septembre 2021, Ahmed Touizi prend, le 11 octobre de la même année, la tête du groupe parlementaire du PAM. Il conserve cette fonction durant la législature 2021-2026, devenant l’un des principaux relais de sa formation politique. Réélu dans sa circonscription en septembre 2026, il accède aujourd’hui à la présidence de la première Chambre.
Le parcours d’Ahmed Touizi a également été marqué par une affaire judiciaire liée à sa gestion de la commune d’Aït Ourir. Engagée à la suite d’une plainte déposée en 2015 par l’Association marocaine de protection des deniers publics, la procédure s’appuyait notamment sur les observations d’un rapport de la Cour des comptes datant de 2013. Celui-ci relevait plusieurs dysfonctionnements dans la gestion communale, concernant notamment les projets d’investissement, les marchés publics, l’urbanisme et les recettes communales.
Le procès s’est ouvert en mars 2022 et a connu son épilogue le 3 mai 2024, avec l’acquittement d’Ahmed Touizi et de ses coaccusés par la Cour d’appel de Marrakech.
De l’USFP au PAM
Son itinéraire l’a conduit à évoluer au sein de plusieurs formations politiques. Son passage par l’Union socialiste des forces populaires (USFP) a notamment été rappelé par Driss Lachgar, premier secrétaire du parti, lors d’une émission diffusée hier mardi 13 octobre sur la chaîne Al Aoula.
Lachgar a affirmé connaître Touizi depuis de nombreuses années, soulignant que le nouveau président de la Chambre des représentants avait été socialiste avant de rejoindre le PAM. Selon lui, Touizi a grandi politiquement au sein de l’USFP, fréquenté ses structures syndicales et compté parmi ses cadres, avant de poursuivre son parcours dans d’autres formations politiques.
Le dirigeant socialiste a également évoqué une précédente législature durant laquelle les deux hommes siégeaient dans des camps opposés, l’un du côté de la majorité et l’autre de l’opposition. Une expérience qui ne l’empêche pas de décrire Touizi comme un «homme de dialogue». Driss Lachguar s’est dit confiant dans sa capacité à mettre à profit son expérience pour réussir sa mission à la tête de la chambre basse du Parlement.
Ahmed Touizi a évolué au sein de plusieurs formations politiques au fil de sa carrière. Après son passage par l’USFP, il a fréquenté l’Union constitutionnelle et le Mouvement populaire, avant de rejoindre le PAM.
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Son ancrage au sein du parti du Tracteur s’est progressivement consolidé à travers ses responsabilités parlementaires et sa présence dans les instances dirigeantes. Membre du bureau politique du PAM, il a conduit le groupe parlementaire de sa formation durant toute la précédente législature, au cœur des débats et des rapports entre les différentes composantes de la Chambre.
Élu à la tête de la Chambre des représentants, Ahmed Touizi est désormais appelé à dépasser son appartenance partisane pour endosser un rôle institutionnel. Il lui revient de présider les travaux de la Chambre, de veiller au bon déroulement des séances et de garantir le bon fonctionnement de l’institution, dans le respect de la Constitution et du règlement intérieur. Juste après son élection, hier, il a affirmé vouloir être le président de tous les députés, en maintenant la même distance à l’égard des formations de la majorité comme de l’opposition.
Son élection intervient dans un contexte de recomposition des équilibres parlementaires, marqué par la formation d’une alliance entre le PAM, le Parti de l’Istiqlal, l’USFP et le Parti du progrès et du socialisme (PPS). Fort de sa connaissance des groupes et des usages de la Chambre, Ahmed Touizi devra désormais démontrer sa capacité à conduire les débats avec impartialité, en veillant au respect des droits de l’opposition et à l’équilibre entre les différentes composantes de l’institution.




