New York: l’éducation aussi, «source de grandes divisions» dans le monde, regrette le chef de l'ONU

Le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat, rencontre le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, au siège de l'ONU à New York, le 18 septembre 2022, au cours de la 77e session de l'Assemblée générale des Nations Unies.
Le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat, rencontre le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, au siège de l'ONU à New York, le 18 septembre 2022, au cours de la 77e session de l'Assemblée générale des Nations Unies. . Craig Ruttle / POOL / AFP
Le 20/09/2022 à 07h15

VidéoLes défaillances de l'école participent aux divisions de la communauté internationale, s'est inquiété hier, lundi 19 septembre 2022, le secrétaire général de l'ONU lors d'un sommet sur l'éducation qui ouvre une semaine de diplomatie de haut niveau dans un monde en crise.

«L'éducation traverse une crise profonde. Au lieu de nous rapprocher, l'éducation est en train de devenir une source de grandes divisions», a déclaré Antonio Guterres, appelant les gouvernements à investir dans des systèmes éducatifs qui aujourd'hui «creusent souvent les inégalités au lieu de les réduire».

Quelque 90 chefs d'Etat et de gouvernement avaient initialement confirmé leur présence à ce sommet en prélude à la semaine de haut niveau de l'Assemblée générale annuelle des Nations unies.

Mais après la mort d'Elizabeth II le 8 septembre, nombre d'entre eux étaient hier, lundi 19 septembre 2022 à Londres pour les funérailles de la reine. Une cinquantaine de dirigeants étaient malgré tout présents à New York hier, lundi, pour ce sommet sur l'éducation, selon les organisateurs.

Appel aux talibansLe secrétaire général de l'ONU a saisi cette occasion pour lancer un appel aux talibans qui ont repris le pouvoir en Afghanistan en août 2021.

«Levez immédiatement toutes les restrictions qui entravent l’accès des filles à l’enseignement secondaire», a-t-il déclaré. «L’éducation des filles est l’un des meilleurs moyens d’assurer la paix, la sécurité et le développement durable et ce, partout dans le monde».

«Les talibans effacent lentement nos existences de la société», a renchéri la jeune Afghane Somaya Faruqi, qui faisait partie d'un groupe d'étudiantes en robotique évacuées d'Afghanistan il y a un an.

«Vous ne devez pas oublier ceux qui sont laissés pour compte, qui n'ont pas la chance d'aller à l’école», a-t-elle lancé à la tribune.

Au-delà de l'éducation, Antonio Guterres a de nouveau appelé à l'unité face aux multiples crises que le monde doit affronter, du réchauffement climatique à la pandémie de Covid-19, sans oublier les conflits.

«Si nous sommes unis, l'humanité surmontera tous les périls. Mettons-nous au travail. Remettons notre monde sur la bonne voie», a-t-il martelé, alors que cette Assemblée générale risque de mettre en lumière les divisions profondes de la communauté internationale.

A partir de mardi, quelque 150 dirigeants vont défiler à la tribune de l'Assemblée générale.

Ukraine et IranAprès deux années de réunions au moins en partie virtuelles, c'est le retour cette année aux discours en personne, à l'exception du président ukrainien Volodymyr Zelensky à qui les Etats membres ont donné une autorisation spéciale d'envoyer un message vidéo, malgré l'opposition de la Russie.

L'invasion de l'Ukraine par la Russie et ses conséquences notamment sur la sécurité alimentaire mondiale seront au coeur de cette semaine de haut niveau, avec notamment un Conseil de sécurité jeudi au niveau des ministres des Affaires étrangères.

La ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna, qui présidera cette réunion, a rencontré lundi son homologue russe Serguei Lavrov, avec qui elle a discuté de la centrale nucléaire de Zaporijjia occupée par l'armée russe.

«Le temps est compté pour établir une zone de sécurité» autour de la centrale qui a subi des dommages lors de bombardements, a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse.

Le dossier nucléaire iranien a aussi sa place en haut des préoccupations, alors que le président Ebrahim Raisi sera pour la première fois présent à une Assemblée générale.

Dans une interview diffusée dimanche dernier sur la chaîne américaine CBS, il a réclamé des «garanties» de la part des Etats-Unis. «Nous ne pouvons pas faire confiance aux Américains en raison de leur comportement passé», a-t-il insisté, en référence à la dénonciation par Donald Trump de l'accord de 2015 visant à garantir le caractère civil du programme nucléaire iranien.

Mais l'administration Biden souligne qu'il est impossible de s'engager sur les actes d'un futur président.

«Il n'y aura pas de meilleure offre pour l’Iran», a assuré Catherine Colonna, n'excluant pas la possibilité que le président Emmanuel Macron rencontre son homologue iranien à New York.

Le 20/09/2022 à 07h15