Des images de l’AFP ont montré tôt jeudi un panache de fumée s’élever au dessus de Beyrouth après une frappe sur le sud de la capitale libanaise, bastion du mouvement islamiste Hezbollah soutenu par l’Iran.
L’armée israélienne a déclaré sur Telegram avoir «commencé à frapper l’infrastructure du Hezbollah à Beyrouth».
Elle avait auparavant demandé aux habitants de quitter le quartier, les avertissant qu’elle s’apprêtait à attaquer des cibles qu’elle affirmait être liées au Hezbollah.
Selon l’agence de presse officielle libanaise Ani, une frappe israélienne de drone a aussi tué un haut responsable du Hamas, ainsi que son épouse, dans un camp de réfugiés palestiniens du nord du Liban.
Il s’agit du premier dirigeant du groupe islamiste palestinien tué depuis le début de l’offensive américano-israélienne sur l’Iran.
Les autorités libanaises ont par ailleurs annoncé trois nouveaux morts dans des frappes israéliennes ayant visé deux voitures sur l’autoroute menant à l’aéroport de Beyrouth.
Et l’Ani a fait état de trois morts dans une frappe de drone sur un véhicule dans le sud du Liban, sans préciser qui pourrait être à l’origine de cette frappe.
Le Liban a été entraîné lundi dans la guerre après une première attaque contre Israël du mouvement chiite, qui affirmait vouloir « venger » la mort du guide iranien Ali Khamenei.
Affrontements «directs»
Les hostilités entre Israël et le Hezbollah se sont intensifiés mercredi.
L’armée israélienne a annoncé mercredi soir avoir frappé de nombreuses positions du Hezbollah dans la zone méridionale du pays, au sud du fleuve Litani, région dont elle avait pressé les habitants de fuir en début d’après-midi.
Le Hezbollah fera face à «l’agression israélo-américaine» et ne se rendra pas, a assuré son chef Naïm Qassem dans un discours diffusé sur la chaîne de son parti, le premier depuis le début samedi de l’attaque américano-israélienne contre l’Iran.
Le Hezbollah a revendiqué mercredi au moins 23 attaques contre Israël, dont une à l’aide de drones contre les industries aérospatiales israéliennes dans le centre du pays, ciblant pour la première fois une région aussi éloignée de la frontière.
Il a également dit avoir visé à l’aide d’un «missile de précision» une base militaire du nord du pays.
Dans le sud du Liban, le Hezbollah a rapporté pour la première fois des affrontements «directs» avec des soldats israéliens entrés dans le village de Khiam, à 6 kilomètres de la frontière avec Israël.
L’armée «a mené une nouvelle vague de frappes et démantelé des infrastructures terroristes du Hezbollah dans tout le Liban», indique un communiqué militaire. Parmi ces cibles «figuraient de nombreux sites de lancement de roquettes et de missiles (...) situés au sud du fleuve Litani», «notamment une installation de production» drones.
Aux termes d’une trêve conclue en novembre 2024, seuls les casques bleus de l’ONU et l’armée libanaise sont autorisés à porter des armes au sud du fleuve Litani. Israël était censé retirer l’ensemble de ses forces, mais a maintenu des troupes dans des zones qu’il juge stratégiques et mené des frappes aériennes régulières, invoquant le refus du Hezbollah de déposer les armes.
Le président français Emmanuel Macron s’est entretenu mercredi avec son homoloque américain Donald Trump et avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qu’il a appelé «à préserver l’intégrité territoriale du Liban et à s’abstenir d’une offensive terrestre».








