Répondant à une internaute qui s’inquiétait des conséquences de l’offensive menée par Israël et les États-Unis contre l’Iran, Emmanuel Macron a voulu dissiper toute ambiguïté sur le rôle de la France dans ce conflit. «Je comprends très bien et j’entends votre inquiétude mais je voulais être très clair», a-t-il déclaré. Le président a insisté sur le fait que la France n’était pas partie prenante de la guerre en cours et qu’elle ne participerait pas aux combats.
«La France ne fait pas partie de cette guerre. Nous on n’est pas au combat et on ne va pas s’engager dans cette guerre», a-t-il affirmé.
Dans un contexte régional extrêmement tendu, marqué par l’intensification des frappes et la multiplication des menaces entre l’Iran, Israël et leurs alliés respectifs, Paris cherche à maintenir une position prudente, tout en affirmant sa présence diplomatique et sécuritaire dans la région.
Le chef de l’État a ainsi rappelé que la priorité de la France restait la protection de ses ressortissants et la stabilité de ses partenaires régionaux.
«La France ne fait pas la guerre dans cette région. Elle protège les Françaises et les Français, les alliés et elle est aux côtés du Liban», a-t-il précisé.
Le Liban occupe en effet une place particulière dans la diplomatie française. Ancienne puissance mandataire dans ce pays jusqu’en 1943, la France conserve des liens historiques, politiques et culturels très forts avec Beyrouth. Dans un Moyen-Orient où l’influence française s’est progressivement réduite ces dernières décennies, le Liban demeure l’un des principaux points d’ancrage de Paris.
La crise actuelle renforce donc l’attention portée par la France à la situation libanaise, alors que le pays se trouve à nouveau menacé par une escalade militaire entre Israël et le Hezbollah, allié de l’Iran.
Dans ce contexte, la France a déployé des moyens militaires supplémentaires dans la région, notamment pour assurer la sécurité de ses ressortissants et soutenir ses partenaires. Emmanuel Macron a ainsi confirmé l’envoi de renforts au Proche et au Moyen-Orient, dont le porte-avions Charles de Gaulle.
Ces moyens doivent notamment permettre de contribuer à la protection des alliés de la France qui pourraient être visés par des représailles iraniennes.
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Selon le président français, ces dispositifs visent avant tout à soutenir les opérations défensives.
«De manière tout à fait pacifique on est en train de se mobiliser pour essayer de sécuriser le trafic maritime», a-t-il expliqué.
Les tensions actuelles font peser de fortes inquiétudes sur plusieurs routes maritimes stratégiques, notamment dans le golfe Persique et la mer Rouge, par lesquelles transitent une part essentielle du commerce mondial et des flux énergétiques.
Dans cette perspective, Emmanuel Macron a annoncé mardi travailler à la constitution d’une coalition internationale destinée à sécuriser les voies maritimes jugées vitales pour l’économie mondiale.
L’objectif de cette initiative serait de garantir la liberté de navigation dans ces zones sensibles, alors que la guerre en cours fait peser un risque croissant sur les infrastructures énergétiques et les routes commerciales.
Le président français a par ailleurs insisté sur la volonté de Paris de privilégier la voie diplomatique et de limiter les risques d’embrasement régional.
«On essaiera d’être les plus raisonnables et les plus pacifiques possible parce que c’est le rôle de la France», a-t-il déclaré.
Au-delà de la dimension sécuritaire, Emmanuel Macron tente également de relancer un rôle de médiateur dans la crise. Comme lors de la campagne militaire israélienne contre le Hezbollah en 2024, le président français cherche à maintenir un dialogue avec les différentes parties impliquées.
Ces derniers jours, il s’est entretenu avec plusieurs dirigeants directement concernés par l’escalade militaire. Mercredi, il a notamment échangé avec le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Jeudi, il a également discuté avec les principaux responsables libanais.
À l’issue de ces consultations, Emmanuel Macron a annoncé vouloir «établir un plan en vue de mettre un terme aux opérations militaires» opposant Israël et le Hezbollah.
Dans une région profondément fragilisée par les rivalités géopolitiques et les affrontements armés, Paris espère ainsi préserver un espace de dialogue et éviter une extension incontrôlée du conflit.








