Nouvelles révélations sur la cupidité de Maâti Monjib

Maâti Monjib.
Maâti Monjib. . DR

Revue de presseKiosque360. Plus rentable qu’un système de Ponzi, la chaîne Maâti de détournement et blanchiment a permis à ce dernier de se constituer une petite fortune. Il faut croire que le droit-de-l’hommisme rend riche…

Le 19/10/2020 à 16h09

Dans son dernier éditorial, publié sur le site de chouf.tv, Abou Wael Al Riffi dévoile dans le menu détail les actifs financiers et immobiliers de Maâti Monjib, qui fait l’objet d’une instruction judiciaire pour blanchiment d’argent. Sur un ton plein de sarcasme, Abou Wael lève ainsi le voile sur l’étendue de la fortune de cet universitaire, dont le salaire mensuel brut ne dépasse pourtant pas les 11.800 dirhams.

L’éditorialiste, bien informé, nous apprend ainsi que dès le retour de Monjib de France, il a créé le Centre Ibn Rochd qu’il a domicilié dans sa maison. L’organisme a ouvert deux comptes bancaires, lesquels ont été alimentés dans l’intervalle de quatre ans, à hauteur de 4,7 millions de dirhams. Cet argent provenant essentiellement de virements de l’étranger, Monjib en disposait à sa guise et le faisait même fructifier pour son propre compte, alors qu’il s’agit de financements accordés à la société civile et dont le moindre mouvement devait faire obligatoirement objet de déclarations auprès du Secrétariat général du gouvernement.

En effet, Monjib a commencé par transférer la manne sur son compte personnel, tout en la plaçant dans des dépôts à terme. Par la suite, le magot avec intérêts a été viré sur les comptes personnels des membres de sa famille. «Ainsi, le 14 novembre 2014, il a transféré un million de dirhams sur le compte de sa sœur», précise Abou Wael. Après cela, Monjib a transféré 400.000 dirhams sur un compte en son nom propre, ouvert auprès de la BMCE (BOA, actuellement) pour réaliser ce virement.

L’éditorialiste précise que Maati Monjib a perçu, de 2009 à 2019, grâce aux fonds reçus pour pour le Centre Ibn Rochd et l’association marocaine du journalisme d’investigation, la coquette somme de 7.91 millions de dirhams. Une somme sans commune mesure avec ses revenus d’universitaire, et qui explique comment ce «militant» est devenu multipropriétaire.

Dans l’association marocaine du journalisme d’investigation qu’il a fondée en 2009, Monjib a cédé la présidence à d’autres membres. Trop modeste, il laissait les postes en vue à ses obligés, s’enterrant à chaque fois dans l’ingrate tâche de trésorier. Notre intellectuel n’aime décidément pas laisser à d’autres le soin de s’occuper de «son» argent. Dans le site officiel de l’association marocaine du journalisme d’investigation, la qualité de trésorier de Maâti Monjib témoigne du talent peu connu de cet univesitaire pour la comptabilité.

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Quant au Centre Ibn Rochd, nul besoin de recourir à des étrangers à la famille. Monjib ne lui a pas donné le statut d’une association, mais celui d’une entreprise (SARL) avec deux associés uniques: l’intéressé et sa sœur Fatéma.

Abou Wael recense par ailleurs l’ensemble des biens fonciers de celui qui se targue de ses origines familiales modestes. Alors que son père ne lui a laissé en héritage (avec ses 8 frères et sœurs) que 8 hectares de terres, Maâti Monjib a acquis et enregistré en son nom quelque 34.840 mètres carrés de terrain nu acquis sur les six dernières années (6900 m² en 2014, 5950 m² une année plus tard, 4075 m² en 2017 et enfin 17.915 m² en 2019).

Maâti Monjib affirme que sa famille est l’une «des plus pauvres du douar et que son père a laissé seulement 80.000 m2 de terrain nu comme héritage». Et Abou Wael de s’interroger comment avec 8 frères et plusieurs sœurs, Maati Monjib a pu, à lui seul, obtenir presque la moitié de l’héritage, soit 34.840 mètres carrés de terrain nu.

A cela s’ajoutent trois appartements situés à Harhoura, dans le quartier de l'Agdal à Rabat et à Benslimane, ces deux derniers biens ayant été achetés respectivement en 2010 et 2018.

C’est dans cette même ville de Benslimane que vit la sœur cadette de Monjib, que l’intéressé présente comme «analphabète et diabétique», alors qu’elle s’avère être un maillon essentiel de la chaîne de blanchiment de Maâti. Mariée à un travailleur journalier, Fatema Monjib a travaillé dans un groupe scolaire pour un salaire mensuel de 3.000 dirhams, avant de rejoindre «l’affaire familiale» en 2009.

Pendant sept ans, elle a perçu du Centre Ibn Rochd un salaire de 5.000 dirhams par mois, en tant que dirigeante, alors qu’elle n’y a jamais mis les pieds. Ce revenu, relativement modeste mais assurément indu, ne l’a pas empêché de se payer deux appartements à Benslimane (payées pour 1,2 million de dirhams, dont 700.000 dirhams remis en cash), moins d’une semaine après l’acquisition d’un autre appartement (toujours à Benslimane) pour 400.000 dirhams, qui s’ajoutent à un lopin de terre de 500 m² acheté avec deux autres personnes et pour lequel elle a déboursé un demi-million de dirhams.

Fatema Monjib, comme son frère, a toujours prétendu faire «l’objet d’un harcèlement de la part des autorités», alors que le plus novice parmi les experts financiers pourrait relever sa complicité dans cette affaire de détournement et de blanchiment. Une affaire qui va d’ailleurs de report en report depuis 5 ans, pour non disponibilité des témoins. C’est que Maâti Monjib a pris soin d’exfiltrer ses complices qui auraient pu faire état de son juteux commerce au Centre Ibn Rochd et à l’association marocaine de journalisme d’investigation. Il s’agit notamment de Hicham Mansouri, Abdessamad Aït Aïcha, ainsi que Hicham Khribchi. D’ailleurs, même le fils de la sœur à Monjib, son neveu, donc, a pu immigrer en Europe après avoir obtenu un visa en tant que journaliste d’investigation, membre de l’association marocaine du journalisme d’investigation, alors qu’il était marchand de légumes.

L’éditorialiste nous apprend aussi que Monjib dispose de sept comptes bancaires, en France, dans la seule ville de Montpellier. «Est-ce qu’un militant des droits de l’homme a besoin de sept comptes bancaires différents en France? Et pour quoi faire? Et pourquoi pas le moindre euro qui gît dans l’un de ces comptes n’a pas été transféré au Maroc, pays que Monjib affirme tant chérir?», s’interroge Abou Wael Al Riffi.

Ces nouvelles révélations détaillées d’Al Riffi, établissent de manière assez précise l’étendue du patrimoine de Maâti Mounjib. Avec son modique salaire de professeur universitaire et même avec les émoluments qu’il prétend percevoir pour ses conférences à l’international –et dont il n’a jamais rapatrié le moindre kopek–, il lui aurait fallu plusieurs vies pour se constituer une telle fortune. Il faut croire que le droit-de-l'hommisme paie bien… Très bien même. 

Par Rahim Sefrioui
Le 19/10/2020 à 16h09