Transport maritime: que devient la ligne Agadir-Dakar?

Le port d'Agadir.

Le port d'Agadir. . DR

Revue de presseAnnoncée en grande pompe en décembre 2024, la liaison maritime entre Agadir et Dakar devait ouvrir de nouvelles perspectives aux exportateurs du Souss-Massa vers l’Afrique de l’Ouest. Un an plus tard, le projet reste au point mort, sans calendrier ni explications officielles, suscitant incompréhension et inquiétude chez les acteurs économiques de la région. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 13/01/2026 à 18h42

Un an s’est écoulé depuis la signature du protocole d’accord, le 11 décembre 2024, au siège de la wilaya de la région Souss-Massa, portant sur le lancement d’une ligne maritime reliant le port d’Agadir à celui de Dakar, au Sénégal. Pourtant, depuis cette date, ce projet stratégique demeure invisible et aucune avancée concrète n’a été constatée sur le terrain, relève le quotidien Al Akhbar dans son édition de ces mardi 13 et mercredi 14 janvier.

Les opérateurs économiques, les exportateurs et les producteurs de la région Souss-Massa attendaient avec impatience la mise en service de cette liaison maritime, présentée comme un levier majeur pour dynamiser les échanges commerciaux avec l’Afrique de l’Ouest. Or, depuis la cérémonie de signature du protocole avec l’entreprise chargée de l’exploitation de la ligne, le silence est total. Ni communication officielle ni clarification n’ont été apportées par la wilaya de la région, alors même qu’une année entière s’est écoulée sans le moindre signe de démarrage effectif, a-t-on pu lire.

Aucun indice ne laisse présager une concrétisation prochaine du projet. Le sujet semble avoir été relégué aux oubliettes dès la signature de la note d’entente avec la société britannique appelée à gérer la ligne maritime. Cette dernière ne comporte d’ailleurs aucun calendrier précis fixant la date de lancement du service, se limitant essentiellement à définir les engagements du Conseil régional de Souss-Massa. Celui-ci s’est engagé à accorder un soutien financier destiné à garantir la continuité de la ligne, notamment en compensant un taux de remplissage inférieur à 65% de la capacité totale du navire lors de chaque traversée, selon des modalités qui devaient être précisées dans une convention spécifique soumise au conseil. La région devait également encourager les exportateurs et partenaires économiques locaux à utiliser cette ligne et faciliter les aménagements logistiques nécessaires, rappelle Al Akhbar.

De son côté, la société Agadir Dakar Line s’est engagée à mettre à disposition un navire répondant aux normes internationales du transport maritime, à assurer une rotation hebdomadaire aller-retour avec une escale de 12 heures, et à garantir la capacité d’accueil requise pour les remorques et leurs équipements.

Le retard accusé par ce projet commence à éroder les espoirs de nombreux producteurs et exportateurs, pour qui cette ligne constituait une alternative attendue de longue date. Elle devait permettre le transport des camions chargés de fruits, légumes et marchandises à bord d’un navire de grande capacité, depuis le port commercial d’Agadir vers Dakar. À partir de ce hub, les camions marocains devaient poursuivre leur route vers les pays du Sahel et l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest.

Selon les professionnels du secteur cités par Al Akhbar, le besoin d’une telle liaison maritime est pourtant pressant, en raison de la forte demande en produits agricoles issus de la région du Souss sur les marchés ouest-africains. À cela s’ajoutent les difficultés récurrentes du transport routier, marqué par des retards fréquents aux postes-frontières, exposant les produits agricoles à la détérioration et à une baisse significative de leur qualité. La durée excessive des trajets terrestres, combinée aux lourdes taxes douanières imposées par certains pays de transit, alourdit considérablement les coûts et réduit les marges bénéficiaires des exportateurs.

La ligne maritime Agadir-Dakar était perçue comme une solution capable de répondre à ces contraintes. Elle devait attirer un large intérêt de la part des exportateurs et des transporteurs, en les affranchissant des aléas et des risques du transport routier. Plus sûre, elle permettrait surtout de réduire le temps de transit à environ 52 heures entre Agadir et Dakar, contre sept à dix jours par voie terrestre, un délai particulièrement préjudiciable pour les produits périssables tels que les fruits, les légumes et les produits de la mer. Sur le plan financier, le transport maritime devait également se révéler plus compétitif, avec un coût estimé à environ 2 000 dirhams par camion, contre des frais routiers pouvant atteindre 15 000 dirhams par unité. À ce stade, l’absence de visibilité autour de ce projet soulève de nombreuses interrogations et nourrit l’incompréhension des acteurs économiques, qui continuent d’attendre des explications claires et, surtout, des actes concrets pour la mise en œuvre d’une infrastructure logistique jugée cruciale pour l’ouverture du Souss-Massa sur les marchés africains.

Par La Rédaction
Le 13/01/2026 à 18h42