Selon les dernières données de la FAO, la production mondiale de tomate a atteint en 2024 près de 188,5 millions de tonnes, cultivées sur une superficie globale de 5,12 millions d’hectares, pour un rendement moyen de 3,68 kg par mètre carré. Dans ce paysage mondial très contrasté, le Maroc confirme sa place de producteur compétitif, notamment en matière de productivité à l’hectare.
Les chiffres, issues de la base Faostat et relayées par Hortoinfo, montrent que l’Espagne a produit en 2024 environ 171% de tomates de plus que le Maroc en volume, mais avec un rendement inférieur de 20% par mètre carré. Ce différentiel met en lumière la spécificité du modèle marocain, fondé sur une intensification maîtrisée et une optimisation des surfaces cultivées, dans un contexte de pression hydrique et climatique.
La comparaison avec les Pays-Bas est tout aussi édifiante. L’Espagne produit plus de 452% de tomates supplémentaires par rapport à la Hollande, mais son rendement au mètre carré reste inférieur de 82,79% à celui du leader mondial de la productivité. Une performance néerlandaise qui s’explique principalement par une production presque entièrement réalisée sous serre à haute technologie.
À l’échelle mondiale, l’année 2024 confirme une forte concentration de la production. La Chine demeure de loin le premier producteur mondial, assurant à elle seule 32,69% de la production totale de tomate. Cette domination s’exerce autant par les volumes que par l’étendue des surfaces agricoles mobilisées.
Ainsi, le Maroc évolue dans un environnement fortement concurrentiel, où la bataille ne se joue pas uniquement sur les volumes, mais aussi sur la qualité, la régularité de l’offre et l’efficience productive.
Un marché mondial dominé par l’Asie
Avec 61,6 millions de tonnes produites en 2024, la Chine occupe sans surprise la première place mondiale. Cette production repose sur une superficie de plus de 1,09 million d’hectares, avec un rendement moyen de 5,65 kg/m², supérieur à la moyenne mondiale mais loin des standards européens sous serre.
L’Inde arrive en deuxième position avec 21,3 millions de tonnes, cultivées sur 854.000 hectares, mais avec un rendement limité à 2,5 kg/m², illustrant un modèle extensif à faible productivité. La Turquie, troisième producteur mondial, combine volume et rendement, avec 14,6 millions de tonnes et une productivité de 8,02 kg/m², ce qui en fait un concurrent direct sur les marchés méditerranéens.
Les États-Unis occupent la quatrième place avec une production de 10,68 millions de tonnes, suivis de l’Égypte, cinquième producteur mondial, qui a récolté 7,52 millions de tonnes sur près de 175.400 hectares, soit un rendement moyen de 4,29 kg/m². À l’instar du Maroc, l’Égypte consolide progressivement sa présence sur les marchés régionaux et internationaux.
L’Espagne, acteur clé du marché européen, se positionne au septième rang mondial, avec une production de 4,57 millions de tonnes sur 55.480 hectares, affichant un rendement moyen de 8,24 kg/m². Malgré des volumes supérieurs, son efficacité reste inférieure à celle du Maroc.
Ces données confirment que la zone euro-méditerranéenne demeure l’un des principaux foyers de concurrence mondiale, où chaque pays ajuste son modèle entre serre, plein champ et contraintes environnementales.
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Dans ce contexte international, la production marocaine de tomate a atteint 1,69 million de tonnes en 2024, selon les chiffres de la FAO. Cette production a été réalisée sur une superficie relativement limitée de 16.374 hectares, traduisant un rendement moyen de 10,30 kg par mètre carré, supérieur à celui de l’Espagne et nettement au-dessus de la moyenne mondiale.
Cette dynamique confirme le positionnement du Maroc comme producteur à forte productivité, portée par l’essor des cultures sous serre, la montée en gamme des techniques agronomiques et une spécialisation croissante vers les marchés d’exportation, en particulier européens.
À titre de comparaison, la Hollande, bien que produisant seulement 828.480 tonnes de tomate, atteint un rendement exceptionnel de 47,89 kg/m², grâce à un modèle intensif, capitalistique et fortement technologique. Ce contraste illustre les marges de progression possibles, mais aussi les limites structurelles liées aux coûts et aux ressources.
Pour le Maroc, l’enjeu n’est donc pas de rivaliser en volume avec les géants asiatiques, mais de consolider sa compétitivité par le rendement, la qualité et la saisonnalité, tout en préservant la durabilité des ressources naturelles.
À l’heure où la sécurité alimentaire et la performance agricole deviennent des priorités stratégiques, les chiffres de 2024 confirment que le Maroc dispose d’atouts solides pour renforcer sa place sur l’échiquier mondial de la production de la tomate, à condition d’accompagner cette dynamique par des investissements ciblés et une gestion durable de l’eau et des intrants.






