Porté par les apports soutenus de l’Oued Sebou et par une pluviométrie particulièrement généreuse ces derniers mois, le barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah, édifié sur l’oued Bouregreg à Rabat, affiche aujourd’hui un niveau de remplissage quasi optimal. En l’espace d’un an, le taux de stockage est ainsi passé de 38% en janvier 2025 à 99% au début de l’année 2026, traduisant un net redressement de la situation hydrique.
«Le barrage est actuellement rempli à hauteur de 99%, pour une capacité totale de stockage de 975 millions de mètres cubes», a indiqué, vendredi 9 janvier, Kadour Abouelyakine, chef d’équipe d’exploitation du barrage, dans une déclaration à notre média. Un contraste saisissant avec la situation observée à la même période l’an dernier, où le niveau de remplissage ne dépassait pas 38%, a-t-il rappelé.
Cette amélioration progressive s’explique d’abord par les précipitations enregistrées au printemps 2025, conjuguées aux volumes injectés quotidiennement via l’«autoroute de l’eau» reliant l’Oued Sebou. Ces apports avaient permis de porter le taux de remplissage à 67% dès le début du mois d’octobre 2025. La dynamique s’est ensuite accélérée avec les fortes pluies observées à partir de l’automne, particulièrement concentrées au mois de décembre.
«Depuis début octobre, le Royaume a connu des épisodes pluvieux importants. Le volume global des apports générés par ces précipitations a atteint près de 410 millions de mètres cubes, ce qui nous a permis d’atteindre, en ce début janvier 2026, un niveau de remplissage de 99%», a précisé le responsable.
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Au-delà de sa fonction de stockage des eaux de pluie, le barrage Sidi Mohamed Ben Abdellah joue un rôle stratégique dans la régulation des crues, contribuant ainsi à la prévention des risques d’inondation en aval. Il constitue également un maillon essentiel de l’alimentation en eau potable de la région. L’autoroute de l’eau en provenance de l’Oued Sebou injecte annuellement près de 400 millions de mètres cubes, dont environ 350 millions sont destinés à l’approvisionnement en eau potable de Rabat et de Casablanca. Les 50 millions de mètres cubes restants viennent, eux, renforcer progressivement les réserves du barrage.
Cette remontée spectaculaire des niveaux de stockage offre ainsi un répit bienvenu après plusieurs années de stress hydrique, tout en soulignant l’importance des infrastructures de transfert et de gestion intégrée de l’eau dans la sécurisation des ressources hydriques du Royaume.






