Après une longue période marquée par une baisse préoccupante de son niveau, le barrage Al Wahda, le plus grand du Maroc, retrouve progressivement des couleurs grâce aux importantes précipitations enregistrées ces dernières semaines. Ces pluies ont permis au barrage d’accueillir près de 600 millions de mètres cubes d’apports hydriques, portant son volume stocké à plus de 2,069 milliards de m3, soit un taux de remplissage de 59,16%.
Ces précipitations, qui ont dépassé 295 millimètres, ont joué un rôle déterminant dans cette amélioration. Cette évolution est d’autant plus stratégique que le barrage Al Wahda constitue un maillon central du dispositif hydrique national, tant par sa capacité de stockage que par ses fonctions multiples, notamment la protection contre les crues, l’irrigation agricole, la production énergétique et l’alimentation en eau potable.
Situé dans la province de Taounate, précisément sur l’oued Ouergha, principal affluent de l’oued Sebou, ce barrage revêt une importance continentale. Selon Mustapha Tantaoui, directeur du barrage Al Wahda, il s’agit du troisième plus grand barrage d’Afrique, après le barrage de la Renaissance en Éthiopie et le Haut-Barrage d’Assouan en Égypte.
Avec une capacité totale d’environ 3,522 milliards de mètres cubes, Al Wahda est un barrage en remblai composé d’une digue principale et d’une digue secondaire, pour une longueur cumulée avoisinant 2.600 mètres et une hauteur de mur atteignant 88 mètres. Un ouvrage d’envergure, au cœur de l’équilibre hydrique du bassin du Sebou.
Avant les dernières précipitations, la situation du barrage était jugée «relativement inconfortable», reconnaît ce responsable, posant de sérieux défis en matière de gestion des ressources et de continuité des usages. Les pluies enregistrées durant le mois de décembre et au début du mois de janvier, étalées sur plusieurs semaines, ont permis d’atténuer significativement ces tensions.
Amélioration du bassin du Sebou
Cette embellie ne concerne pas uniquement le barrage Al Wahda. D’après Khalid El Ghomari, directeur de l’Agence du bassin hydraulique du Sebou, la région a bénéficié de précipitations importantes depuis décembre 2025, totalisant environ 360 millimètres, soit une hausse de 32% par rapport à la même période de l’année précédente.
Ces conditions climatiques favorables se sont traduites par une nette amélioration des apports hydriques dans l’ensemble des barrages du bassin. Al Wahda a ainsi reçu à lui seul plus de 2 milliards de mètres cubes, tandis que le barrage Idriss Ier affiche un stock de près de 510 millions de mètres cubes, correspondant à un taux de remplissage avoisinant 45%.
D’autres ouvrages hydrauliques de la province de Taounate ont également enregistré des niveaux encourageants, notamment le barrage Bouhouda, quasiment plein (97%), le barrage Sahla (48%) et le barrage Asfalou (37%). Cette dynamique permettra d’assurer l’approvisionnement en eau potable de la province de Taounate pour une durée supérieure à deux ans.
Lire aussi : Barrages remplis à 46% contre 28% un an plus tôt: le Maroc sort du cycle de sécheresse, selon Nizar Baraka
Dans la même logique, le taux de remplissage du barrage Idriss Ier, estimé à 45,66%, garantit la satisfaction des besoins en eau potable des villes de Fès et Meknès. De son côté, le barrage Bab Louta, dont le taux de remplissage frôle les 99,65% avec un stock de près de 34 millions de mètres cubes, pourra alimenter la ville de Taza pendant plus de deux années.
Le barrage Al Wahda, le plus grand du Maroc. (Y.Jaoual/Le360).
À l’échelle globale, le bassin du Sebou totalise actuellement plus de 6,64 milliards de m3 d’eau stockée, soit un taux de remplissage de 55%, contre à peine 40% au mois de décembre dernier. Une progression significative qui traduit l’impact direct des récentes précipitations.
Les effets bénéfiques des pluies s’étendent également aux nappes phréatiques. Des hausses notables des niveaux ont été observées, notamment de près de deux mètres dans la plaine du Saïss, de 3,4 mètres dans la nappe du Gharb, de 1,8 mètre dans le couloir Fès-Taza et de 1,2 mètre dans la nappe du Moyen Atlas.
Selon les responsables du bassin, la poursuite attendue des précipitations pluviales et neigeuses au cours des prochaines semaines devrait consolider cette tendance, contribuant au rechargement durable des ressources hydriques superficielles et souterraines, et renforçant ainsi la sécurité hydrique du Royaume.













