La préfecture d’Oujda-Angad a vécu, au cours des dernières semaines, au rythme de précipitations pluviales et neigeuses exceptionnelles, venues raviver l’espoir chez les agriculteurs après de longues années de sécheresse sévère. Une situation climatique qui avait lourdement pesé sur leurs conditions de vie et affecté directement la productivité des terres bour et semi-arides de la région.
Survenues à un moment décisif, à la fin de l’année 2025 et au début de la nouvelle année, ces précipitations sont perçues comme un véritable tournant pour la campagne agricole en cours. Elles ont instauré un climat d’optimisme prudent autour d’une saison que beaucoup qualifient déjà d’inhabituelle, voire d’inédite.
Pour de nombreux agriculteurs de la région, le retour de la neige après plusieurs années d’absence constitue un événement exceptionnel, tant sur le plan climatique que psychologique et économique. Ces conditions froides et humides ont redonné vie aux sols et encouragé la reprise du labour et des semailles des céréales, un spectacle que la région n’avait plus connu depuis longtemps.
Dans une déclaration pour Le360, Saïd Laknani, vice-président de la Chambre agricole de la région de l’Oriental, a rappelé que la zone d’Ahl Angad est par excellence une région agricole, reposant essentiellement sur l’agriculture bour. Il a souligné que les pluies et les chutes de neige, arrivées au moment opportun, ont eu un impact très positif sur l’ensemble des cultures.
Il a ajouté que les agriculteurs ont commencé à labourer leurs terres et à faire paître leur bétail, bien que le printemps n’ait pas encore commencé. Selon lui, la terre retrouve progressivement sa vitalité et montre des signes d’émergence des cultures, renforçant ainsi les espoirs d’une saison agricole prometteuse.
Toujours selon Saïd Laknani, l’agriculture d’Ahl Angad repose principalement sur la culture de l’orge, du blé, de l’avoine et du triticale, en l’absence de périmètres irrigués, en raison du caractère bour et semi-désertique de la région. Malgré ces contraintes structurelles, les récentes précipitations ont donné un nouvel élan à ces cultures, d’autant plus que la neige constitue un réservoir naturel d’eau, alimentant les sols sur une période plus longue.
Les effets bénéfiques de ces précipitations ne se sont pas limités aux céréales. Les arbres fruitiers, tels que le figuier de barbarie, l’olivier, le caroubier et l’amandier, ont également bénéficié de manière significative des pluies enregistrées ces dernières semaines.
À ce propos, le vice-président de la Chambre agricole a fait état d’une amélioration notable du rendement de l’olivier durant la saison actuelle, précisant que le taux d’extraction de l’huile par quintal a sensiblement augmenté. Un indicateur révélateur de l’impact direct des pluies sur la qualité de la production.
Les agriculteurs reprennent espoir
De son côté, l’agriculteur Ben Youèns Naimi a exprimé sa grande satisfaction face aux conditions climatiques actuelles. Il a affirmé que les agriculteurs sont retournés massivement dans leurs champs pour labourer et semer, dans un esprit de coopération et de solidarité entre les habitants. Selon lui, cette année pourrait marquer un véritable soulagement après sept années consécutives de sécheresse.
Enfin, Yassine Naimi, jeune agriculteur d’un douar relevant de la commune d’Angad, a souligné que la nouvelle génération vit ces précipitations avec un état d’esprit très positif. Il considère que le retour à la terre, après plusieurs années de sécheresse aigue, représente une opportunité réelle de redonner ses lettres de noblesse à l’agriculture locale, d’autant que les cultures d’orge, d’avoine, de triticale et de blé connaissent un net regain cette saison.
De l’avis général des agriculteurs de la région, les pluies et les chutes de neige récentes ne constituent pas un simple épisode passager, mais bien une lueur d’espoir pour un avenir agricole meilleur dans la préfecture d’Oujda-Angad, à condition que les précipitations se poursuivent dans les semaines à venir.








