Ouverture d’une enquête antidumping sur les importations de panneaux de bois chinois et indonésiens

Panneaux de bois produits au Maroc.

Le Ministère de l’Industrie et du Commerce ouvre une enquête antidumping visant les importations de panneaux de bois à âme épaisse en provenance de Chine et d’Indonésie, à la suite d’une requête de l’industrie locale, qui s’estime lésée par des pratiques tarifaires jugées anormalement basses.

Le 20/02/2026 à 14h37

Le Ministère de l’Industrie et du Commerce a annoncé l’ouverture d’une enquête antidumping sur les importations de panneaux de bois à âme épaisse en provenance de Chine et d’Indonésie. Cette décision fait suite à une plainte déposée par la société Maroc Akhchab, qui représente 80% de la fabrication locale du produit concerné.

L’enquête porte spécifiquement sur les panneaux de bois à âme épaisse, qu’ils soient panneautés, lattés ou lamellés, indépendamment de l’essence de bois utilisée. Ces produits sont constitués de sections de bois assemblées pour former un noyau solide, recouvert de feuilles de placage.

Ils se distinguent par une densité variable selon l’essence employée, une résistance mécanique élevée adaptée aux efforts de flexion et de compression, ainsi qu’une stabilité dimensionnelle limitant les déformations liées à l’humidité. Ces caractéristiques en font des matériaux prisés dans l’industrie de l’ameublement, l’agencement, la décoration et le bâtiment. Les références douanières concernées sont détaillées dans l’avis public annonçant l’ouverture de la procédure.

Selon les éléments communiqués par le requérant, les producteurs chinois et indonésiens pratiqueraient des prix à l’exportation anormalement bas. L’allégation repose sur une comparaison entre la valeur normale moyenne au stade «sortie usine» et le prix moyen à l’exportation, également ajusté au même stade, pour l’année 2024.

Les prix à l’exportation ont été estimés sur la base de factures émises par des producteurs des deux pays pour des livraisons à destination du Maroc. Les valeurs normales, quant à elles, ont été calculées à partir de devis et de factures de vente sur les marchés domestiques chinois et indonésien.

Le ministère considère ces estimations comme «objectives et suffisamment documentées». Il souligne que la marge de dumping calculée serait élevée et dépasserait largement le seuil de minimis fixé à 2%.

La période d’analyse du dommage s’étend de 2022 au premier semestre 2025. Les données examinées feraient apparaître une progression globale des importations en provenance de Chine et d’Indonésie, tant en valeur absolue qu’en proportion de la production et de la consommation nationales.

D’après les informations transmises par Maroc Akhchab, cette augmentation des importations serait corrélée à une dégradation des indicateurs de la branche nationale, notamment les volumes de vente, le taux d’utilisation des capacités de production et les résultats financiers.

Ces éléments ont conduit l’autorité compétente à considérer que les conditions légales étaient réunies pour justifier l’ouverture d’une enquête approfondie, afin d’établir l’existence d’un dumping, d’un préjudice et d’un lien de causalité.

Des délais stricts

L’enquête prend effet à compter du 23 février 2026. Elle distingue deux périodes d’analyse: l’année 2025 pour l’examen des pratiques de dumping et la période 2022-2025 pour l’évaluation du dommage.

Les producteurs-exportateurs chinois et indonésiens ainsi que les importateurs marocains disposent d’un délai de dix jours, soit jusqu’au 6 mars 2026, pour transmettre les informations nécessaires à la constitution d’éventuels échantillons. Le ministère se réserve la possibilité de limiter le nombre de participants afin de respecter les délais réglementaires.

Les parties intéressées souhaitant commenter l’ouverture de l’enquête ont jusqu’au 30 mars 2026 pour soumettre leurs observations. Les producteurs et exportateurs retenus dans l’échantillon devront répondre au questionnaire dans un délai de 37 jours après sa réception, tandis que les importateurs sélectionnés disposeront de 30 jours.

L’administration prévient que tout défaut de coopération pourrait conduire à l’établissement de conclusions préliminaires ou finales sur la base des «meilleurs renseignements disponibles».

L’enquête devra être finalisée dans un délai de douze mois à compter du 23 février 2026, extensible à dix-huit mois dans des circonstances exceptionnelles. Des mesures provisoires pourraient être adoptées avant l’issue de la procédure, sur la base d’un rapport préliminaire établissant l’existence du dumping, du dommage et du lien de causalité.

Par Lahcen Oudoud
Le 20/02/2026 à 14h37