Dans la région d’Oujda-Angad, de Aïn Sfa à Labsara, le paysage a changé de visage. Là où la sécheresse avait imposé des dépenses lourdes en fourrages, l’herbe refait surface, permettant aux troupeaux de retrouver le pâturage naturel et aux éleveurs de souffler après des saisons éprouvantes. «La pluie est enfin revenue après sept années de sécheresse. Aujourd’hui, le bétail trouve de quoi paître, ce qui nous évite d’acheter des aliments dont le coût pesait lourdement sur nous, petits agriculteurs», déclare Khalid Benâlla, soulagé.
Pour lui et pour nombre de ses pairs, la crise ne se résumait pas à des chiffres. «C’était une épreuve quotidienne, entre la flambée des prix du fourrage et la difficulté à maintenir le cheptel… Le retour du bétail aux champs rétablit un équilibre naturel indispensable», ajoute-t-il.
De son côté Youssef Baitari, éleveur et agriculteur, souligne l’effet immédiat des pluies sur les terres. «La pluie a réveillé la terre, qui nous a de nouveau offert ses richesses», déclare-t-il. Longtemps dépendant des aliments composés, son élevage commence à respirer. «La situation est aujourd’hui meilleure: l’approche du printemps et le couvert végétal réduisent les dépenses, notamment pour mon troupeau d’une quarantaine de têtes», confirme-t-il.
«Le soutien agricole accordé par les services du ministère de l’Agriculture nous a permis d’acheter des céréales, du son et des aliments pour bétail durant les périodes de pénurie. Il nous a ainsi aidés à traverser les moments les plus difficiles», conclut-il.
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Du côté des autorités agricoles, l’amélioration est tangible. «Les différentes provinces de la région enregistrent une nette reprise des parcours et des espaces pastoraux, avec une progression graduelle du couvert végétal», déclare Mohamed El Yacoubi, directeur régional de l’Agriculture de l’Oriental. L’évolution des températures devrait accentuer cette tendance. «La hausse attendue favorisera l’abondance des herbes dans les semaines à venir, permettant aux éleveurs de recourir à un pâturage naturel, peu coûteux et de bonne qualité», ajoute-t-il.
Le responsable rappelle enfin le potentiel de la région. «L’Oriental dispose de chaînes pastorales exceptionnelles. Les dernières pluies ont redonné vie à l’élevage après des années d’épuisement», souligne-t-il.
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Selon les spécialistes, au-delà de l’épisode climatique, ces précipitations ont produit un effet économique et social réel en milieu rural. La pression sur les éleveurs s’est desserrée, l’achat de fourrages a reculé et les troupeaux ont renoué avec une alimentation plus naturelle. Reste toutefois un défi majeur: inscrire ce mieux-être dans la durée, grâce à la continuité des pluies et à une gestion raisonnée de l’eau et des parcours, afin d’éviter un nouveau cycle de sécheresse qui a longtemps éprouvé le secteur.







