Maroc Telecom–UE: ouverture d’un dialogue sur les enjeux numériques

Partenariat Maroc Telecom–Commission européenne pour une souveraineté numérique.

Une réunion de haut niveau tenue à Marrakech en marge du Gitex Africa 2026 engage le groupe Maroc Telecom et la Commission européenne dans une réflexion conjointe sur les infrastructures critiques, les données et la cybersécurité.

Le 08/04/2026 à 15h43

En marge du Gitex Africa 2026, Marrakech a été le théâtre d’un échange à forte portée diplomatique et industrielle entre Mohamed Benchaaboun, CEO de Maroc Telecom, et Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée de la souveraineté technologique.

Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de convergence stratégique entre l’Union européenne et les économies africaines autour des enjeux du numérique. Les discussions ont notamment porté sur des leviers structurants pour le développement du secteur: la sécurisation des infrastructures critiques, la gouvernance des données, le renforcement de la cybersécurité, ainsi que les conditions d’émergence d’un écosystème technologique autonome et compétitif.

La souveraineté numérique s’impose désormais comme un cadre structurant pour les opérateurs télécoms présents sur plusieurs marchés. Actif dans de nombreux pays africains, Maroc Telecom se positionne au cœur de ces enjeux en combinant déploiement d’infrastructures de nouvelle génération et maîtrise des flux de données.

Les investissements engagés par le groupe dans les réseaux de nouvelle génération, le cloud et la cybersécurité traduisent une stratégie visant à renforcer la résilience des écosystèmes numériques. L’objectif affiché est de soutenir un développement économique fondé sur des infrastructures critiques maîtrisées localement, favorisant à la fois l’autonomie technologique, la sécurité des données et la compétitivité des marchés.

Une dynamique plus large se dessine entre les deux continents, alimentée par des préoccupations communes liées à la sécurité numérique. Les risques cybernétiques, en progression, imposent un renforcement des dispositifs de protection des réseaux et des données.

La concentration des grands acteurs technologiques mondiaux constitue également un enjeu de dépendance technologique. Les discussions engagées visent à identifier des alternatives crédibles permettant de préserver des marges de manœuvre industrielles et réglementaires.

Une lecture opérationnelle portée par les opérateurs

La prise de parole de Mohamed Benchaaboun ancre la réflexion dans une dimension concrète. «La souveraineté numérique n’est pas un concept abstrait. […] Sécuriser ces infrastructures, maîtriser les données qui y transitent, et garantir la résilience de nos réseaux […] voilà ce que signifie la souveraineté numérique pour nous», a-t-il déclaré.

Cette approche opérationnelle met en évidence le rôle des opérateurs télécoms comme pivots des infrastructures numériques, au croisement des enjeux économiques, sécuritaires et territoriaux. La connectivité de dizaines de millions d’utilisateurs sur le continent confère à ces acteurs une responsabilité directe dans la structuration de l’économie numérique africaine.

Une perspective de coopération renforcée se dessine à l’issue de cette rencontre, fondée sur des intérêts convergents entre l’Europe et l’Afrique. Les échanges ont souligné la capacité des deux espaces à construire des réponses communes aux défis technologiques contemporains.

Une telle dynamique pourrait à terme favoriser l’émergence de cadres partagés en matière de régulation, de sécurité et d’investissements numériques, avec un impact direct sur la compétitivité des économies africaines et leur intégration dans les chaînes de valeur digitales mondiales.

Par La Rédaction
Le 08/04/2026 à 15h43