Maroc-Costa Rica. «Nos échanges économiques ne sont pas encore au niveau de nos relations politiques», note Bourita

Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, et son homologue costaricain, Arnoldo André Tinoco (Y.Mannan/Le360).

Le 27/03/2026 à 17h23

VidéoÀ Rabat, le Maroc et le Costa Rica ont affiché ce vendredi leur volonté de renforcer leur partenariat, en particulier sur le plan économique, afin de le hisser au niveau de leurs relations politiques. Les deux pays entendent également élargir leur coopération à des enjeux stratégiques et consolider leur convergence de vues sur les dossiers régionaux.

Le Maroc et le Costa Rica ont convenu, vendredi à Rabat, de renforcer leur coopération économique, encore en deçà du niveau atteint par leurs relations politiques. Cet engagement a été acté à l’issue d’un entretien entre le ministre des Affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, et son homologue costaricain, Arnoldo André Tinoco.

Lors d’un point de presse, le chef de la diplomatie marocaine a qualifié le Costa Rica de «partenaire fiable et crédible». Il a salué le bon déroulement des dernières élections, présentées comme le reflet de la solidité des institutions démocratiques du pays, dans un contexte international marqué par de fortes tensions.

Sur le plan économique, Nasser Bourita a relevé le décalage entre la qualité des relations politiques et le niveau des échanges commerciaux, appelant à une intensification des interactions entre opérateurs économiques et à la multiplication des visites de responsables sectoriels. Il a, à cet égard, évoqué la perspective de positionner le Costa Rica comme une plateforme d’accès du Maroc à l’Amérique centrale, tandis que le Royaume pourrait servir de hub régional pour les entreprises costaricaines souhaitant investir en Afrique, notamment en Afrique de l’Ouest et centrale.

Le ministre a également exprimé la volonté du Maroc de diversifier les axes de coopération bilatérale, en mettant l’accent sur des enjeux transnationaux tels que la migration, la lutte contre le crime organisé, le trafic de stupéfiants et la traite des êtres humains.

Sur le dossier du Sahara marocain, Nasser Bourita a informé son homologue des derniers développements, en mettant en avant la résolution 2703 du Conseil de sécurité des Nations unies. Il a salué la position «constructive» du Costa Rica sur cette question, qualifiée de différend régional.

De son côté, Arnoldo André Tinoco a souligné les convergences de vues entre les deux pays en matière de développement et de gouvernance, exprimant sa reconnaissance au roi Mohammed VI et au peuple marocain pour «les multiples attentions» à l’égard du Costa Rica. Il a par ailleurs formulé le souhait de voir une délégation marocaine de haut niveau participer à la cérémonie d’investiture de la nouvelle présidente élue, Laura Fernández, prévue en mai prochain.

À l’occasion de cette visite, le Costa Rica a également réitéré son soutien à l’initiative marocaine d’autonomie, qu’il considère comme «la base la plus appropriée, sérieuse, crédible et réaliste» pour parvenir à une solution politique au différend autour du Sahara. San José a indiqué son intention d’aligner sa position sur ce cadre dans ses interactions politiques, diplomatiques, économiques et consulaires.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 27/03/2026 à 17h23