Malgré la crise politique, les touristes et les investisseurs français plébiscitent le Maroc

Un employé d'usine travaille sur une chaîne de montage de voitures à l'usine PSA de Kenitra, le 21 juin 2019.
Chaîne de montage de l'usine PSA de Kenitra.. AFP or licensors

Revue de presseEn France, le monde des affaires ne comprend pas les raisons pour lesquelles les relations politiques avec le Maroc restent aussi compliquées, alors que les intérêts économiques entre les deux pays sont très étroits et que les potentiels de développement n’ont jamais été aussi évidents. Une revue de presse du site d’informations Atlantico.

Le 27/12/2023 à 18h53

Depuis quelques années, les rapports politiques et diplomatiques entre le Maroc et la France sont devenus compliqués, alors que du côté du business, les relations ont rarement été aussi dynamiques, explique le site d’informations français Atlantico.

Le média a interrogé une source autorisée auprès de la Direction générale du Trésor française, qui reconnaît le fait que malgré la concurrence de la Chine et des États-Unis, la France reste le premier partenaire économique et financier du Maroc.

«La montée en puissance des industries marocaines a fortement contribué à la hausse des échanges commerciaux avec le Maroc depuis dix ans. Cette tendance s’explique principalement par l’intégration croissante du Maroc dans les chaînes de valeur avec une spécialisation des écosystèmes industriels (automobile, aéronautique)», explique Atlantico.

Une partie des flux du Maroc vers la France provient des réexportations d’entreprises françaises, qui ont implanté des usines de construction et d’assemblage dans le Royaume (comme l’usine de Renault à Tanger ou de Stellantis à Kenitra).

La France est aussi aujourd’hui le premier investisseur étranger au Maroc, avec un engagement marqué dans les secteurs industriels, dont Renault et Stellantis, mais aussi dans les services (avec des entreprises de droit marocain qui exercent leurs activités dans l’immobilier, le digital, divers commerces, ou encore des activités financières), précise Atlantico.

Le Maroc reste également le premier pays d’origine des transferts financiers de la diaspora marocaine, surtout des touristes parmi eux.

Cet ensemble de raisons font de la France le principal pourvoyeur de devises du Maroc: «en cette fin d’année 2023, le Maroc a fait le plein de touristes venus de l’Europe toute entière et notamment des Français qui se bousculent sur la côte atlantique et à Marrakech. S’ajoute l’arrivée d’une nouvelle vague de résidents qui approchent du troisième âge et viennent s’installer au Maroc, attirés par le climat, la modicité des prix du service et la sécurité», décrit Atlantico.

Beaucoup de Français, d’ailleurs, ont posé leurs valises au Maroc en provenance du Portugal, à la recherche d’un nouveau paradis fiscal.

Les investisseurs français se bousculent aussi au Maroc, selon Atlantico, compte tenu de l’état de son marché intérieur, de sa démographie, et sans doute de sa stabilité sociale et politique.

Les projets d’infrastructures (routes et rails, avec le développement des lignes de TGV) et la transformation des nouvelles ressources, notamment dans l’énergie se développent aussi, attirant tout autant les Français.

«Le Maroc s’est engagé dans les énergies renouvelables (solaire), la production d’hydrogène et de batteries au lithium. Le Maroc n’a pas oublié qu’il était encore l’un des plus gros producteurs de phosphates dans le monde et ses ingénieurs ont découvert que le phosphate contenait une forte proportion de lithium, indispensable au fonctionnement des batteries. D’où la présence de plus en plus envahissante des Chinois qui ont compris qu’il y avait là un concurrent sérieux», écrit le média.

Dans un tel écosystème, «le monde des affaires européen ne comprend pas que la France ne fasse pas quelques efforts pour réchauffer ses relations avec le Maroc», s’étonne Atlantico.

Il s’agirait en l’occurrence d’un pas de plus que Paris gagnerait à franchir, en reconnaissant la marocanité du Sahara, comme l’ont déjà fait les États-Unis et l’Espagne.

Par Nabil Ouzzane
Le 27/12/2023 à 18h53