Les espoirs déçus des programmes dédiés aux TPE-PME

Ouvrier métallurgiste dans une TPME.  . DR

Revue de presseDe la crise pandémique à l’inflation en passant par l’augmentation du taux directeur, ce tissu économique accumule les faillites. Les programmes censés lui venir en aide semblent inadéquats. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Les Inspirations Eco.

Le 27/06/2023 à 21h28

Fragilisées, les petites et moyennes entreprises (95% de l’économie marocaine) sont en grande difficulté. Et cela dure, selon Abdellah El Fergui, président de la Confédération marocaine des TPE-PME, cité par le quotidien Les Inspirations Eco dans son édition du mercredi 28 juin.

«Ce type d’entreprise ne bénéficie pas à la base d’une assiette financière importante. Une situation qui empire avec les difficultés d’accès au financement, aux commandes publiques et au foncier. Le fardeau des retards de paiement est une autre paire de manches. La survenue de la crise sanitaire n’a fait qu’enfoncer le couteau dans la plaie», se désole-t-il.

Le pire est que cette catégorie n’a pas été concernée par les programmes de relance, contrairement aux grandes entreprises. Certes, des programmes, tels que Forsa et Ana Moukawil, ont été initiés récemment, mais du point de vue du président de la confédération, ce sont des projets à petite dimension. «Il n’y a pas meilleure preuve que la stratégie dédiée aux TPE, lancée en 2013, et qui est restée lettre morte depuis, alors que ces entreprises ont fortement besoin de soutien et d’aide. S’ajoute à cela la non-application de la loi 156 qui octroie un quota de 20% des commandes publiques aux TPME», insiste El Fergui.

Le programme Intelaka était perçu telle une bouffée d’oxygène pour cette catégorie. Mais pour l’heure, c’est le statu quo. Sur ce point, le président de la confédération sollicite les pouvoirs publics pour « évaluer ce programme de manière approfondie pour en tirer des conclusions et pouvoir ainsi le relancer car bien des espoirs sont fondés sur ce programme qui reste le plus approprié à cette catégorie d’entreprises ».

Mais, la démarche semble à l’arrêt bien avant le relèvement à trois reprises du taux directeur. Une question qui reste en suspens car, même du côté de la confédération, on n’a pas eu de retour. Toutefois, si les négociations ont été arrêtées avec le patronat, il n’en est pas de même avec le gouvernement. D’ailleurs, une réunion est prévue dans les semaines qui viennent pour discuter de l’imposition appliquée aux TPE et aux autoentrepreneurs ainsi que du financement.

D’un autre côté, le mouvement inflationniste et la sécheresse sévère qui ont frappé le pays n’ont fait qu’affaiblir les TPME. Preuve en est le nombre d’entreprises qui ont mis la clé sous le paillasson en 2021 et 2022. Les statistiques de la confédération révèlent que plus de 20.000 TPE et PME ont fait faillite en 2021.

«Leur nombre est passé à 25.000 l’année suivante et 250.000 sont menacées. Et pour redresser la situation, la confédération suggère tout d’abord d’apporter une définition claire de la TPE pour dissiper la confusion. Elle propose également de créer une banque d’État, à l’instar d’autres pays, pour financer exclusivement les TPE», rapporte le quotidien.

Par Nabil Ouzzane
Le 27/06/2023 à 21h28