Dans un contexte où la régulation des activités liées au cannabis nécessite rigueur et transparence, l’Agence nationale de réglementation des activités relatives au cannabis (ANRAC) a engagé une démarche ambitieuse de certification selon la norme internationale ISO/CEI 17020. «Plus qu’une simple reconnaissance formelle, ce projet s’inscrit dans une stratégie globale de transformation organisationnelle et de professionnalisation des équipes, visant à renforcer la crédibilité et l’efficacité de l’Agence», explique le quotidien Les Inspirations Eco du 7 janvier.
La première étape de cette démarche consiste en un diagnostic exhaustif de l’existant. L’ANRAC analyse sa structure interne, ses processus métiers, ses pratiques d’inspection ainsi que ses ressources humaines et documentaires. L’objectif est double: identifier les écarts entre les pratiques actuelles et les exigences de la norme, et mettre en lumière les forces sur lesquelles s’appuyer pour construire un système de management robuste et durable. Cette phase initiale constitue un socle essentiel, car elle permet d’ancrer la certification dans la réalité du terrain et non dans un cadre purement théorique.
L’adoption de la norme ISO/CEI 17020 représente un levier stratégique pour l’Agence. Elle impose un haut niveau de rigueur dans l’organisation des processus, la qualification des équipes, la traçabilité des décisions et l’indépendance des inspections. Pour l’ANRAC, dont les missions couvrent l’autorisation, le suivi et le contrôle des activités réglementées du secteur du cannabis, ce référentiel permet de sécuriser juridiquement ses décisions, d’harmoniser les pratiques sur l’ensemble du territoire et de renforcer sa crédibilité auprès des opérateurs économiques, des institutions publiques et des partenaires internationaux.
Mais la norme ne se limite pas à des exigences techniques. Sa mise en œuvre implique une véritable refonte organisationnelle. L’Agence procède à la structuration d’un système documentaire complet : manuels qualité, procédures opérationnelles, instructions de travail, outils de suivi et mécanismes de maîtrise documentaire. «Ces instruments visent à formaliser des pratiques jusque-là parfois dispersées, à garantir la cohérence des actions et à assurer leur reproductibilité. Loin de rester un exercice administratif, cette structuration crée les conditions d’un contrôle fiable et uniforme sur l’ensemble du territoire», note Les Inspirations Eco.
Le facteur humain est au cœur de cette transformation. La durabilité du dispositif repose sur la montée en compétences des équipes. Celles-ci sont formées aux principes du management de la qualité, aux exigences spécifiques de la norme et aux méthodes d’audit interne. Cette approche transforme la certification en un outil vivant, porté par les agents eux-mêmes, plutôt qu’en un cadre déconnecté de la réalité du terrain. Elle favorise l’appropriation des nouveaux outils et installe une culture de l’amélioration continue et de la gestion des risques, indispensable dans un secteur complexe et sensible.
Une fois les procédures déployées, l’ANRAC passe à une phase d’accompagnement opérationnel. Les dispositifs sont testés dans des conditions réelles, ajustés en fonction des contraintes rencontrées sur le terrain et intégrés aux pratiques quotidiennes des équipes, aussi bien au siège qu’au niveau des directions provinciales. La dernière étape consiste en un audit interne complet, destiné à évaluer le niveau de conformité atteint, à identifier les points de non-conformité et à mettre en œuvre les actions correctives nécessaires. Cette étape marque le passage d’une logique de simple mise en conformité à une logique de maîtrise, où l’Agence est en mesure de démontrer la fiabilité, la cohérence et la traçabilité de l’ensemble de ses activités d’inspection.
En s’engageant dans cette démarche, l’ANRAC affirme sa volonté de professionnaliser le secteur du cannabis réglementé, d’inscrire ses pratiques dans des standards internationaux de compétence et d’impartialité, et de promouvoir une gouvernance transparente et efficace. Au-delà de la certification, c’est une véritable transformation organisationnelle qui s’opère, faisant de la qualité un levier stratégique de confiance et de légitimité dans un domaine en pleine structuration.








