Dans son rapport de janvier 2026 des Perspectives économiques mondiales, la Banque mondiale livre une analyse contrastée de l’économie marocaine. Le Royaume a bénéficié d’une reprise soutenue en 2025, mais ses perspectives à moyen terme apparaissent plus modérées, dans un environnement international incertain.
Dans le paysage régional, le Maroc se positionne au-dessus de la moyenne des pays MENA. Cette situation intermédiaire reflète à la fois les progrès réalisés en matière de stabilité macroéconomique et les fragilités persistantes du modèle de croissance. La Banque mondiale appelle ainsi à renforcer les moteurs internes de l’économie afin de préserver cette trajectoire.
Ainsi, en 2025, la croissance marocaine, estimée à 5%, a été largement soutenue par la reprise de la production agricole, favorisée par des conditions climatiques plus clémentes. Ce secteur a joué un rôle déterminant dans le soutien de la demande intérieure et de l’emploi rural.
Cependant, la Banque mondiale anticipe un retour de la production agricole vers des niveaux plus proches de la moyenne. Cette normalisation pèsera mécaniquement sur la croissance globale.
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Pour 2026, la croissance du PIB est ainsi projetée à 4,4%, un rythme qui resterait inchangé en 2027. Si ce niveau demeure solide, il traduit néanmoins un ralentissement par rapport à 2025.
Le secteur manufacturier pourrait également voir sa dynamique s’essouffler, dans un contexte de ralentissement du commerce mondial et de montée des restrictions commerciales.
Malgré ce fléchissement, le Maroc devrait continuer d’afficher une croissance supérieure à la moyenne régionale MENA, estimée à 3,6% en 2026.
Sur le plan budgétaire, la Banque mondiale prévoit une réduction des déficits des pays importateurs de pétrole en 2026-2027, notamment au Maroc, sous l’effet de politiques de restriction budgétaire.
La balance des transactions courantes du Royaume s’est également améliorée, soutenue par la hausse des transferts de fonds et des recettes touristiques, renforçant ainsi les équilibres macroéconomiques.
Des défis à relever
Dans ce contexte, l’institution mondiale souligne que la mise en œuvre de réformes réglementaires plus ambitieuses que prévu pourrait constituer un levier majeur de croissance. Ces réformes visent à stimuler l’activité du secteur privé, à réduire l’économie informelle et à favoriser la création d’emplois.
De même, face à une forte pression démographique sur le marché du travail, la capacité à générer des emplois productifs, notamment pour les jeunes et les femmes, apparaît comme un défi prioritaire.
Le rapport insiste également sur l’importance de renforcer l’intégration commerciale régionale et de diversifier les partenaires économiques, afin de limiter l’exposition aux chocs provenant des grandes économies avancées.
Enfin, l’adaptation au changement climatique et le développement de l’économie verte sont identifiés comme des axes stratégiques majeurs, à la fois pour renforcer la résilience économique et pour attirer de nouveaux financements.






