Cinq sociétés régionales pour piloter la modernisation des infrastructures sportives

Revue de presseCinq sociétés anonymes régionales viennent d’être créées pour piloter l’exploitation, la modernisation et la valorisation économique des grands équipements sportifs du Royaume, dans la perspective notamment de la Coupe du monde 2030. Dotées d’un actionnariat associant l’État, les régions, les communes et la Fédération royale marocaine de football, ces structures devraient instaurer un modèle de gouvernance plus souple et plus performant. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Les Inspirations Eco.

Le 05/03/2026 à 19h46

Leur publication au Bulletin officiel du 26 février 2026 marque une nouvelle étape dans la stratégie nationale de modernisation des infrastructures sportives et d’amélioration de leur mode de gestion. Par une série de décrets signés par le chef du gouvernement et contresignés par la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, cinq sociétés anonymes régionales dédiées à la gestion et à la valorisation des équipements sportifs ont été officiellement créées. «Baptisées TangerRegionSport SA, CasaRegionSport SA, FesRegionSport SA, MarrakechRegionSport SA et AgadirRegionSport SA, ces nouvelles entités sont juridiquement constituées depuis la publication des textes et peuvent désormais entamer leurs activités», note le quotidien Les Inspirations Eco du 6 mars 2026.

La prochaine étape consistera à installer les équipes dirigeantes, à organiser la transition avec les structures de gestion existantes et à lancer les premiers programmes de modernisation des équipements sportifs concernés. Cette phase permettra également de définir les priorités d’intervention dans chaque région.

Chacune de ces sociétés adopte la forme juridique de société anonyme et dispose d’un capital social fixé à 20 millions de dirhams. La structure de l’actionnariat est identique pour les cinq entités et reflète un partenariat entre l’État, les collectivités territoriales et les acteurs du monde sportif. L’État, représenté par le ministère de l’Économie et des Finances, détient la moitié du capital, soit 10 millions de dirhams. Les régions concernées (Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, Casablanca-Settat, Fès-Meknès, Marrakech-Safi et Souss-Massa) participent à hauteur de 4,5 millions de dirhams, représentant 22,5% du capital. La Fédération royale marocaine de football apporte pour sa part 3,5 millions de dirhams, soit 17,5%, tandis que les communes accueillant les principales infrastructures contribuent à hauteur de 2 millions de dirhams, soit 10% du capital. Cette architecture traduit la volonté des pouvoirs publics d’associer étroitement l’ensemble des parties prenantes à la gestion des équipements sportifs dans un cadre de droit privé, jugé plus flexible et plus réactif.

Les nouvelles sociétés auront pour mission d’assurer l’exploitation, la maintenance et la mise à niveau des infrastructures sportives de leurs régions respectives, notamment celles qui seront mobilisées pour cet événement planétaire majeur qu’est la Coupe du monde 2030, précise le quotidien.

Leurs prérogatives ne se limitent toutefois pas à la gestion technique des équipements. Les sociétés seront également chargées de développer la valorisation économique des infrastructures. Elles pourront exploiter les espaces publicitaires, gérer la billetterie numérique, organiser des événements sportifs, culturels ou commerciaux, louer des espaces pour des activités diverses et développer des services annexes tels que la restauration ou l’accueil d’événements institutionnels. L’objectif est de transformer ces infrastructures en véritables pôles d’activité capables de générer des revenus, d’attirer des investissements et de dynamiser l’économie locale.

Parallèlement, une mission de promotion de la pratique sportive leur est confiée. Les nouvelles entités devront travailler en lien avec les clubs, les écoles et les associations afin de favoriser l’accès des jeunes aux infrastructures et encourager la pratique du sport de proximité, notamment le football, discipline la plus populaire du pays.

Le choix des cinq régions concernées répond à une logique à la fois sportive, économique et touristique. Tanger, Casablanca, Fès, Marrakech et Agadir concentrent une part importante des infrastructures sportives du pays et joueront un rôle central dans l’organisation de la Coupe du monde 2030. «Leur attractivité économique et touristique constitue également un atout pour la valorisation commerciale des équipements et pour l’organisation d’événements internationaux», précise Les Inspirations Eco.

La mise en place de ces sociétés régionales soulève toutefois une question importante: celle de l’avenir de la Société nationale de réalisation et de gestion des équipements sportifs (Sonarges), qui assurait jusqu’à présent la gestion d’une grande partie des infrastructures sportives du pays. La création des nouvelles entités ne signifie pas pour autant la disparition de cet opérateur historique. Le modèle retenu par les pouvoirs publics semble plutôt s’inscrire dans une transition progressive, marquée par un redéploiement des missions et une nouvelle répartition des responsabilités.

Le Conseil de la ville de Casablanca avait d’ailleurs précisé, lors d’une session extraordinaire tenue en décembre 2025, que CasaRegionSport remplacerait progressivement la Sonarges et Casa Events dans la gestion des grands stades de la région. Cette transition suppose une période de coexistence durant laquelle les compétences, les ressources humaines et certains actifs seront transférés vers les nouvelles structures.

Dans le même temps, la Sonarges pourrait être amenée à se recentrer sur d’autres segments, notamment la gestion des stades de proximité, confrontés depuis plusieurs années à des difficultés récurrentes liées à l’entretien, au financement et à la gestion quotidienne. L’année 2025 et le début de 2026 ont d’ailleurs été marqués par une activité soutenue de l’opérateur national, engagé dans plusieurs projets de rénovation et dans un processus de modernisation de sa gouvernance.

L’entreprise a présenté en décembre 2025 un plan stratégique articulé autour du renforcement du capital humain, de l’amélioration des mécanismes de gouvernance et du développement de nouveaux services à la population. Elle conserve par ailleurs un rôle clé dans certains projets structurants, notamment la maîtrise d’ouvrage du Grand Stade Hassan II. Le lancement d’un audit comptable et financier portant sur les exercices 2025, 2026 et 2027 vise également à préparer dans les meilleures conditions cette phase de transition et à assurer la transparence de la gestion.

Par La Rédaction
Le 05/03/2026 à 19h46