Carburants. Plafonnement: Pourquoi le Conseil de la concurrence désavoue le gouvernement

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Le gouvernement El Othmani doit réfléchir à plusieurs reprises avant de décréter le plafonnement des marges. L’avis du Conseil de la concurrence est un coup dur pour le ministre Daoudi qui comptait beaucoup sur cette mesure pour pousser les distributeurs de carburants à baisser leurs prix.

Le 15/02/2019 à 11h51

Deux conditions cumulatives doivent être réunies pour justifier un plafonnement des prix et des marges.

Première condition: la survenance d’une hausse ou d’une baisse excessive des prix. Or, constate Guerraoui, la loi est muette à ce niveau. Elle ne fixe aucun critère d’appréciation du caractère anormal d’une hausse ou d’une baisse exceptionnelle. Devant ce vide juridique, le Conseil a pris acte des appréciations avancées par le gouvernement sur le caractère excessif des hausses des prix et, par conséquent, a considéré que cette condition est remplie par le gouvernement.

Deuxième condition: la hausse ou la baisse excessive des prix doivent être motivées par trois faits essentiels:

- Soit par des circonstances exceptionnelles (situation de crise par exemple), ce qui n’est pas le cas. «Cette motivation n’est donc pas applicable dans le cadre de cette demande d’avis du gouvernement», souligne Guerraoui.

- Soit par l’avènement d’une calamité publique (événements d’une extrême gravité, catastrophes naturelles ou résultant d’une activité humaine, accident d’une centrale thermique ou hydroélectrique). «Cette motivation n’est pas non plus remplie par la demande d’avis», poursuit Guerraoui.

- Soit par une situation manifestement anormale du marché (le cas d’une hausse ou d’une baisse excessive des prix, motivée par une conjoncture particulière). Or, les hausses des prix sur le marché marocain remontent au premier mois de la libéralisation (décembre 2015). «La hausse actuelle n’est pas motivée par une situation manifestement anormale», note le Conseil dans son avis. Par conséqunet, la demande d'avis ne remplit pas cette troisième condition.

Il résulte de ce qui précède que les conditions requises pour mettre en place des mesures temporaires (article 4 de la loi sur les prix et la concurrence) ne sont pas toutes réunies dans le cadre de la demande d'avis du gouvernement.

Le plafonnement des prix n’est pas judicieux d’un point de vue économique et concurrentiel, a tranché le Conseil de la concurrence, qui avance les raisons suivantes:

- Le plafonnement est une mesure conjoncturelle, dont la durée est limitée à six mois (prorogeable une fois), ce qui ne répond pas aux dysfonctionnements structurel du marché.

- Une mesure inappropriée et inefficace pour protéger le consommateur marocain. La marge bénéficiaire étant estimée à 8% du prix (4% pour les grossistes et 4% pour les stations de services), il serait faux de penser qu’il suffit de maîtriser la marge pour changer la structure des prix des carburants, sachant que le Maroc importe 93% (les prix resteront liés aux changements brusques des prix sur le marché international). En l’absence de mesures d’accompagnement, le plafonnement ne garantit pas la préservation du pouvoir d’achat des citoyens.

- Le plafonnement s’applique à tous les opérateurs, toutes tailles confondues, indépendamment du coût supporté par chacun des intervenants. Aux yeux de l’autorité de la concurrence, ce serait donc une mesure discriminatoire susceptible de pénaliser les petits et moyens opérateurs.

- Le plafonnement des prix et des marges donne un mauvais signal au marché et risque de brouiller la visibilité des opérateurs.

- Les problèmes que vit le marché sont dus à une libéralisation mal préparée. Celle-ci s’est opérée sans que le gouvernement n’ait pris des mesures d’accompagnement et des mécanismes de compensation au profit des secteurs et des catégories de la population les plus vulnérables.

Par Wadie El Mouden
Le 15/02/2019 à 11h51

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le conseil de la concurrence ne doit pas regarder que du petit coté de la lorgnette mais prendre en compte l'effet d'un prix du carburant trop élevé pour la maorité des citoyen appartenant aux classe moyenne et pauvres, càd la majorité des citoyen et l'effet de ces prix exhorbitants sur le panier de la ménagère et par rapport au niveau du SMIG qui n'atteint pas 3000 dh et qui est svt inférieur à ce montant pour les emplois non controlés .Legouv doit aussi développer une politique de contrôle des dépenses en carburant par les administration, les établissement publiques et les collectivités locales,en vue de réduire le coût des importations. Rappelons à cet illustre conseil que les districuteurs de carburant par le nombre limité de leur enseigne constituent un quasi oligopole caractérisé par qulques offreurs et bcp de mandeur ce qui naturellement porte les offreurs à aligner leur prix (parfois à qlques cts près) et donc une situation qui fausse...la concurrence.le raisonnement dudit conseil reste insuffisant car n'intégrant pas la dimension sociale! Doit mieux faire.

La baisse du prix du carburant par le gouvernement est un acte positif car il a permis d alleger la pression du cout dudit carburant sur le salaire moyen du citoyen sachant que le niveau atteint est exhorbitant par rapport au niveau du smig que ledit conseil ne doit pas omettre d integrer dans son analyse ajoutons audit conseil que le prix du csrburant trop eleve induit la cherte des produit et est source d une inflation par les co^uts.le conseil devrait integrer la dimension sociale dans ses analyses .c est aussi sa mission..premiere.

Que du blabla. Une souris accouché d une montagne. Le prix est majoré de taxe tic tva marge diverses Réduire les impôts et la marge des importateur et réactiver soit la samir soit sidi kacem. Pourquoi les compagnies ont triple leur bénéfices c est normal. Les requins à valent les petits poissons

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