Barrages: 246 Mm³ gagnés en une journée, le taux de remplissage frôle 44%

Barrage Al Wahda, le plus grand du Maroc. (Y.Jaoual/Le360)

Les précipitations récentes au Maroc ont insufflé un élan positif aux réserves nationales. Entre le 5 et le 6 janvier 2026, les barrages du Royaume ont engrangé 246 millions de m³ supplémentaires, portant le taux de remplissage global à 43,9%. Si cette dynamique offre un répit précieux et permet à certains ouvrages d’atteindre leur pleine capacité, la vigilance reste de mise pour les barrages encore en situation de stress hydrique sévère.

Le 06/01/2026 à 12h33

Les données relatives au remplissage des barrages marocains font état d’une progression significative entre le 5 et le 6 janvier 2026. En l’espace de 24 heures seulement, les précipitations enregistrées ont permis une recharge notable des réserves hydriques, confirmant une dynamique haussière amorcée depuis la fin de l’année dernière.

Cette progression rapide illustre l’impact immédiat des épisodes pluvieux sur la ressource en eau de surface, dans un contexte marqué depuis plusieurs années par une forte variabilité climatique et des tensions récurrentes sur les stocks hydriques.

À l’échelle nationale, la tendance observée est clairement orientée à la hausse. Le volume total d’eau stocké dans l’ensemble des barrages est passé de 7.123 millions de mètres cubes (Mm³) le 5 janvier à 7.369 Mm³ le 6 janvier, soit un gain substantiel de 246 Mm³ en une seule journée.

Parallèlement, le taux de remplissage moyen des barrages a progressé de 42,5% à 43,9%, enregistrant une hausse de 1,4 point de pourcentage. Cette évolution rapide témoigne de la capacité de réaction du système de retenues face aux précipitations, notamment lorsque celles-ci concernent plusieurs bassins versants simultanément.

Des performances contrastées selon les barrages

L’analyse détaillée par ouvrage met en évidence des situations contrastées selon les régions et les bassins hydrologiques. Certains barrages ont enregistré des progressions particulièrement marquées. Al Wahda, le plus grand barrage du Royaume, a vu son taux de remplissage passer de 54% à 55%, avec une augmentation de ses réserves estimée à 51 Mm³.

Le barrage Ahmed El Hansali s’illustre également par une évolution dynamique, son taux de remplissage grimpant de 34% à 38%, accompagné d’un gain de 25,5 Mm³. Bin El Ouidane affiche, de son côté, une amélioration notable, passant de 18% à 20% de remplissage, soit une hausse de 25,3 Mm³ en volume.

Les barrages déjà à des niveaux élevés continuent de se renforcer. Sidi Med Ben Abdellah confirme son excellent état, frôlant sa capacité maximale avec un taux de remplissage passé de 98% à 99%. Oued El Makhazine a, quant à lui, atteint sa pleine capacité le 6 janvier, contre 98% la veille. Le barrage Idriss Ier se stabilise à un niveau jugé correct, autour de 41%, avec une légère augmentation de ses volumes stockés.

À l’inverse, les barrages en situation de tension hydrique enregistrent des progrès modestes mais réels. Al Massira, dont la situation demeure critique, voit son taux passer de 5% à 6%. Hassan II progresse de 16% à 17%, tandis que Dar Khrofa affiche une légère amélioration de 22% à 23%. Le barrage Mansour Dahbi constitue toutefois une exception, enregistrant une baisse de ses réserves, de 158,3 à 156,9 Mm³, malgré un taux de remplissage stable à 35%.

L’évolution observée entre le 5 et le 6 janvier 2026 constitue un signal encourageant pour la situation hydrique nationale. La hausse généralisée des réserves, en particulier dans certains grands barrages stratégiques, apporte un souffle positif en ce début d’année.

Cependant, cette amélioration ne saurait occulter la fragilité persistante de la situation. Des ouvrages majeurs comme Al Massira, avec seulement 6% de remplissage, ou Bin El Ouidane, à 20%, restent à des niveaux très bas, nécessitant des apports beaucoup plus importants avant la fin de la saison des pluies.

Cette amélioration quotidienne confirme l’importance de maintenir une gestion sobre et optimisée de l’eau. Toutefois, des pluies régulières dans les prochaines semaines resteront essentielles pour consolider ces résultats, reconstituer durablement les réserves et garantir l’approvisionnement du pays pour les mois à venir.

Par Lahcen Oudoud
Le 06/01/2026 à 12h33