Les hausses non annoncées des prix des boissons dans plusieurs cafés et restaurants, observées en marge de l’ambiance des matchs de la Coupe d’Afrique des nations de football, ont provoqué une vague de critiques. Des acteurs de la protection du consommateur estiment que ces pratiques placent certains exploitants de cafés dans une situation de non-conformité avec la loi, même s’ils invoquent le principe de la liberté des prix et de la concurrence, écrit le quotidien Al Akhbar dans son édition du mardi 6 janvier.
Selon le quotidien, des augmentations variables des prix du café et des boissons gazeuses ont été enregistrées ces derniers jours dans certains établissements, sans aucun affichage ni annonce préalable des nouveaux tarifs. Une situation que plusieurs observateurs considèrent comme une violation manifeste de la réglementation en vigueur, notamment des dispositions imposant l’affichage clair et visible des prix dans les espaces commerciaux afin de garantir la transparence vis-à-vis des consommateurs.
Face à cette polémique, des acteurs du secteur des cafés et restaurants ont tenu, dimanche matin, une réunion de concertation à distance. Cette rencontre s’est conclue par le lancement d’un appel national exhortant les professionnels à maintenir les prix habituels durant la période des compétitions continentales et à ne pas exploiter l’affluence exceptionnelle vers les cafés pour réaliser des profits circonstanciels. Selon eux, de telles pratiques risquent de provoquer des tensions avec la clientèle et de porter atteinte à l’image globale du secteur. La Fédération nationale des propriétaires de cafés et restaurants au Maroc a assuré que cette position était tranchée et qu’elle serait formalisée dans un communiqué officiel destiné à l’ensemble des professionnels.
Ces développements interviennent dans un contexte de forte pression sur les cafés, accentuée par la fermeture de certaines fan zones en raison des conditions climatiques instables, souligne Al Akhbar. Cette situation a poussé un grand nombre de citoyens à se rabattre sur les cafés pour suivre les matchs de l’équipe nationale, créant ainsi un afflux massif qui a ouvert la voie à des comportements qualifiés d’opportunistes ou d’exploitation abusive par certains observateurs.
De leur côté, les défenseurs des consommateurs rappellent que la liberté des prix ne saurait être synonyme d’anarchie. Ils soulignent que la loi 104.12 relative à la liberté des prix et de la concurrence, tout en permettant aux opérateurs de fixer librement leurs tarifs, les oblige à afficher clairement les prix et à respecter les règles de transparence. La même loi sanctionne également les augmentations excessives liées à des circonstances exceptionnelles, en particulier lorsqu’elles sont imposées sans information préalable du consommateur.
Interrogé par Al Akhbar, Abdelkrim Chafai, vice-président de la Fédération marocaine de protection du consommateur, a indiqué que plusieurs associations avaient reçu des plaintes concernant des hausses soudaines et injustifiées des prix. Il a insisté sur le fait que se retrancher derrière la liberté des prix ne dispensait ni de la responsabilité légale ni de la responsabilité éthique, précisant que toute tarification non affichée ou appliquée de manière sélective plaçait son auteur en infraction avec la législation.
Également cité par le quotidien, Noureddine Harrak, président de la Fédération nationale des propriétaires de cafés et restaurants au Maroc, a reconnu que certaines pratiques individuelles ont nui à la réputation du secteur. Il a affirmé que le bureau national avait clairement appelé à ne pas instaurer de nouvelles augmentations durant cette période, estimant que cela portait plus de préjudices que de bénéfices aux professionnels et les exposait à des contrôles renforcés ainsi qu’à des sanctions légales.
Cette situation remet en lumière le problème récurrent de la faiblesse des contrôles sur le terrain et du manque de mesures dissuasives. Ils estiment que la réussite des manifestations sportives continentales ne dépend pas uniquement de l’organisation sécuritaire et logistique, mais aussi du respect de la loi et de la protection du pouvoir d’achat des citoyens, afin que les moments de divertissement ne se transforment pas en source de tension sociale.








