Dans «Al-Harraz», le metteur en scène Amine Nassour place le Melhoun au sein d’un laboratoire d’expérimentation théâtrale, cherchant à renouveler l’art de la scène et à sortir la notion de spectacle de son cadre traditionnel. Son ambition est de faire dialoguer le texte avec la réalité et ses transformations, en redonnant vie à la poésie du «Harraz».
Nassour cherche, à travers ce projet, à moderniser la fabrication théâtrale, en travaillant directement sur le poème, qu’il transforme en matériau vivant. L’objectif n’est pas de présenter le melhoun comme un patrimoine figé, mais comme une source artistique dynamique, capable d’enrichir et de prolonger le texte dramatique.
Le metteur en scène veut élargir les frontières du théâtre en intégrant d’autres formes d’expression. Il cherche à créer une expérience de spectacle plus consciente de ses propres transformations esthétiques, en valorisant la beauté du melhoun et son potentiel à renouveler le texte dramatique et à pousser le théâtre vers «l’extrême du rêve».
Lire aussi : Le metteur en scène Ayoub El Aïassi, désormais à la tête d’une nouvelle direction au sein de la SNRT
Dans cette pièce, Nassour a également choisi de collaborer avec les étudiants de l’Institut supérieur des arts dramatiques et de l’animation culturelle (ISADAC), une démarche qui vise à former une nouvelle génération de praticiens capables de considérer le patrimoine non comme un objet à documenter, mais comme un concept artistique à exploiter.
Cette approche a été reconnue et saluée: «Al-Harraz» a remporté le prix du meilleur metteur en scène lors de la 25ème édition du Festival National du Théâtre de Tétouan, confirmant ainsi sa place prestigieuse dans la pratique théâtrale contemporaine.
Amine Nassour signe une œuvre marquée par le patrimoine, mais qui ne le traite pas sous un angle documentaire. Il le considère comme une valeur esthétique et symbolique, un refuge créatif face à la répétition et à l’épuisement des formes contemporaines, et une réponse aux spectateurs qui se détournent du théâtre au profit d’autres modes d’expression.








