Tous les articles correspondant à #livres

Billet littéraire KS. Ep. 89. «Sangoma le guérisseur» de Hichem Ben Azouz: de la médecine blessée à une poétique africaine de la réparation
Premier roman du médecin tunisien Hichem Ben Azouz, installé depuis dix-sept ans en Afrique du Sud, «Sangoma le guérisseur» entraîne un jeune urgentiste dans un long voyage du cap Angela au cap des Aiguilles, en Afrique du Sud. À mesure que Slim s’éloigne de Tunis, sa fuite devient une initiation: le médecin épuisé, rattrapé par la culpabilité et le doute, découvre d’autres façons de penser la maladie, le soin et la guérison. Entre médecine moderne, traditions africaines, mémoire et spiritualité, le roman interroge surtout une question: que signifie soigner lorsque la technique ne suffit plus?
Continentales de la poésie: report de la première édition
Initialement programmée les 12 et 13 novembre à Rabat, la première édition du festival Continentales de la poésie est reportée à une date ultérieure. Les co-initiateurs de ce rendez-vous international, Mustapha Kébir Ammi et Kaisse Ben Yahia, expliquent cette décision par la nécessité de consolider les conditions institutionnelles, organisationnelles, financières et logistiques.
Rentrée scolaire 2026: pénuries, retards... pourquoi certains manuels manquent toujours à l’appel
Alors que la rentrée scolaire a déjà commencé, de nombreux parents peinent encore à réunir l’ensemble des manuels demandés pour leurs enfants. Dans plusieurs librairies de Casablanca, certains ouvrages restent difficiles à trouver. Plusieurs professionnels du secteur font état de ruptures concernant différents niveaux et matières, particulièrement pour certains ouvrages en arabe et des manuels imprimés localement. Retards d’impression, quantités insuffisantes et difficultés d’approvisionnement: les explications avancées sont multiples, tandis que les familles, elles, peinent encore à finaliser les listes.
Billet littéraire KS. Ep 88. «Lettre d’amour à baba» de Bochra Manaï: répondre au père pour conquérir sa propre voix
Vingt ans après avoir reçu une longue lettre de son père Ahmad, Bochra Manaï lui répond depuis une vie devenue autre. Entre Tunisie, France et Québec, l’auteure transforme l’adresse filiale en récit de formation, en archive familiale et en réflexion sur l’exil, la condition des femmes et l’héritage politique. Ni roman traditionnel ni simple tombeau littéraire, «Lettre d’amour à baba» montre qu’aimer un père, c’est aussi trouver la liberté de lui répondre.
Billet littéraire KS. Ep 87. «L’Appartement rue de Passy» de Raji Bathish, ou le prix de l’exil
Dans ce roman du palestinien Raji Bathish, deux amis qui s’aiment quittent le pays avec l’espoir que Paris leur offrira ce que leur lieu d’origine ne peut leur garantir: une vie où le désir ne serait plus clandestin et où l’identité pourrait se déployer sans entraves. Mais la capitale française se révèle moins un refuge qu’une machine à classer les corps, les fortunes et les étrangers. Entre satire sociale, poésie et mélodrame, Bathish fait de Passy le laboratoire cruel et initiatique de la liberté.
Billet littéraire KS. Ep 86. «Houaria» d’Inam Bioud, ou la décennie noire vue des bas-fonds
Inam Bioud plonge dans l’Oran des années 1990 et raconte la décennie noire depuis ceux que les grands récits historiques laissent généralement hors champ. Prostituées, voyantes, petits délinquants, étudiants, médecins et laissés-pour-compte composent une fresque chorale où la violence politique descend jusque dans les corps, les amours et les familles. Ce roman âpre donne à lire une Algérie saisie par ses marges.
Trois consonnes trois voyelles
Oui, il faut avoir un jour dormi et rêvé dans la grotte des Aït Baâmrane dans la région de Tiznit, oui il faut y avoir bu l’eau sacrée de l’inspiration surnaturelle, dont s’abreuvent les aèdes du Souss, oui, il faut avoir pu en toute spontanéité inventer le moyen de faire concorder à la perfection la rythmique du classique alexandrin dans «Cinna» ou «Ses purs ongles très haut»… à la cadence d’un air de Sidi Hemmou.
Tribune. L’amour des livres
Entre les ombres de la mémoire et les méandres du pouvoir, le destin de l’Ali Khamenei, l’enfant de Machhad devenu dignitaire, croise celui d’un narrateur vieillissant marqué par la torture et l’exil. Traversé par la passion commune des grands textes, des Misérables à la poésie secrète, ce récit intime interroge la frontière poreuse entre tyrans et saints, soulevant une ultime question: la littérature peut-elle sauver les âmes, ou ne fait-elle qu’éclairer la tragédie humaine? Un texte de Kebir Mustapha Ammi, écrivain, romancier et essayiste.
Le grand entretien Le360: Boualem Sansal, «l’otage du président» resté debout
À Paris, Boualem Sansal se livre à Le360 dans sa première interview accordée à un média non européen depuis sa libération, en novembre 2025. L’écrivain raconte la prison en Algérie et la violence de l’enfermement, puis le goût d’une liberté retrouvée. Désormais installé en France, il évoque son dernier best-seller, «La Légende», et un parcours littéraire consacré par son entrée à l’Académie française. Mais c’est lorsqu’il parle du Maroc, de son attachement au Royaume et de ses racines familiales, que sa parole se fait la plus vibrante: «Je me suis toujours senti profondément marocain.»
Ceux qui lisent savent déjà cela (et le savent mieux)
L’information reçue passivement par le biais de vidéos matinales non sollicitées et l’information fournie par la lecture sont deux choses différentes.