C’est l’une des particularités les plus cruelles de la CAN. Là où la Coupe du monde ou la Ligue des champions effacent les avertissements à l’entrée du dernier carré, la compétition africaine conserve les cartons jusqu’au bout. Résultat: à quelques heures de Sénégal-Égypte et de Maroc-Nigeria, vingt hommes savent qu’un tacle mal maîtrisé, une protestation de trop ou un duel mal négocié peut les priver du rendez-vous suprême, programmé ce dimanche 18 janvier au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat.
Parmi les nations concernées, le Sénégal est de loin la plus exposée. Sept Lions de la Teranga évoluent sur une corde raide. Kalidou Koulibaly, pilier de la défense, incarne mieux que quiconque ce dilemme. À ses côtés, Ismaïla Jakobs, Pape Gueye, Habib Diarra, Habib Diallo, Nicolas Jackson et Ibrahim Mbaye sont eux aussi menacés d’une suspension immédiate en cas de nouvel avertissement.
Face à l’Égypte, équipe rompue aux matchs verrouillés, la gestion émotionnelle pourrait peser aussi lourd que la qualité technique. Chaque intervention défensive jugée fautive portera le poids d’une finale potentiellement envolée.
Les Pharaons ne sont pas en reste. Six de leurs joueurs clés avancent eux aussi sous le régime de la précaution maximale. Le gardien Mohamed El Shenawy, véritable muraille depuis le début du tournoi, devra veiller à contenir ses protestations. Devant lui, Ahmed Fatouh et Rami Rabia sont sur la même ligne de crête, tout comme Marwan Attia, Hamdi Fathi et Hossam Abdelmaguid.
Dans une équipe égyptienne qui s’appuie sur sa solidité défensive, la moindre suspension pourrait bouleverser les plans du sélectionneur Hossam Hassan, car pour les Égyptiens, chaque duel un peu trop appuyé est désormais un risque calculé.
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Pays hôte, le Maroc sait que la pression sera encore plus forte au moment d’affronter le Nigeria. Trois Lions de l’Atlas sont sous la menace directe d’une suspension. Bilal El Khannouss, Soufiane Rahimi et Ismael Saibari, précieux dans la projection et la récupération, devront composer avec cette contrainte invisible mais omniprésente.
Dans un stade Prince Moulay Abdellah acquis à la cause nationale, la tentation de l’engagement total sera immense. Mais à ce stade de la compétition, les joueurs concernés sont partagés entre la hargne et le risque d’être les grands absents le soir de la finale.
Les Super Eagles, réputés pour leur puissance et leur intensité, ne sont pas épargnés. Quatre joueurs devront contenir leur ardeur. Le gardien Stanley Nwabali devrait quant à lui éviter toute contestation superflue. En défense, Calvin Bassey est concerné, tout comme Moses Simon et Frank Onyeka, deux joueurs essentiels dans le pressing et la transition.
Face à l’intensité physique attendue contre le Maroc, la discipline pourrait passer au second plan, tant l’importance du résultat risque de l’emporter sur la maîtrise technique ou la rapidité.
Ce mercredi, à Dakar comme au Caire, à Rabat comme à Lagos, les supporters le savent: certains de leurs héros joueront pour une place en finale, mais la peur au ventre à l’idée d’être absent au rendez-vous dont ils rêvent depuis toujours.







