Visite de travail au Maroc de Sarah El Haïry, Haute-commissaire française à l’Enfance

Sarah El Haïry, Haute-commissaire à l'Enfance en France. (Y.Mannan/Le360)

Le 11/02/2026 à 20h16

VidéoEn déplacement au Maroc, la Haute-commissaire française à l’Enfance, Sarah El Haïry, a multiplié les rencontres institutionnelles à Rabat avant de rejoindre Marrakech pour la 6ème Conférence mondiale sur l’élimination du travail des enfants. Une visite placée sous le signe de la coopération bilatérale et de la mobilisation internationale face aux nouveaux défis qui menacent les mineurs.

La Haute-commissaire française à l’Enfance, Sarah El Haïry, a entamé mercredi une visite de travail au Maroc, axée sur la coopération bilatérale ainsi que sur sa participation à Marrakech à la 6ème Conférence mondiale sur l’élimination du travail des enfants.

Lors de son déplacement, l’ancienne ministre a rencontré plusieurs acteurs clés marocains, dont le ministre de l’Emploi, Younes Sekkouri, afin d’échanger sur les priorités en matière de protection de l’enfance, d’éducation, d’insertion professionnelle, de numérique responsable et de coopération économique. Elle s’est également entretenue avec Fatima Zahra Ammor, ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, ainsi qu’avec Hicham Mellati, directeur des affaires pénales et des grâces, en charge de la création de l’Agence de la protection de l’enfance.

Dans une déclaration accordée à Le360, la haute responsable française a affirmé qu’«aujourd’hui, entre la France et le Maroc, il y a des enjeux de protection commune des enfants, de la protection des mineurs, du soutien à la parentalité». Elle a ajouté que les discussions ont porté sur la place des enfants dans la société, l’éducation et la lutte contre le décrochage scolaire, en lien avec des associations et des fondations engagées.

Elle a notamment cité la Fondation Orange, qui s’implique dans des projets liés à l’école du code afin «d’ouvrir de nouveaux métiers, de nouveaux projets» au profit des jeunes.

Avant de se rendre à Marrakech, Sarah El Haïry a participé à une table ronde à l’Institut français de Rabat réunissant des associations mobilisées pour la protection et l’inclusion des enfants.

À Marrakech, la responsable française doit prononcer une allocution dans laquelle elle soulignera l’objectif 8.7 des ODD (Objectifs onusiens de développement), qui invite les États à «prendre des mesures immédiates et efficaces pour [...] garantir l’interdiction et l’élimination des pires formes de travail des enfants, y compris le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats, et mettre fin à toutes les formes de travail des enfants d’ici 2025».

Selon elle, cet objectif est loin d’être atteint et il est urgent d’intensifier les efforts. «Des millions d’enfants continuent de subir une exploitation grave, en violation de leurs droits fondamentaux et de leur dignité», a-t-elle alerté.

La Haute-commissaire a également mis en garde contre les menaces émergentes, estimant au micro de Le360 que «les nouveaux dangers, c’est aussi parfois le numérique qui les apporte».

Pour les parties marocaine et française, il s’agit désormais de voir «comment faire pour accompagner les jeunesses avec le monde associatif, avec des évolutions législatives», notamment à travers des dispositifs comme l’Agence de la protection de l’enfance.

Il convient de rappeler que le nombre d’enfants contraints au travail dans le monde est estimé à 138 millions de mineurs, dont certains sont enrôlés comme enfants soldats.

Au-delà des déclarations d’intention, cette visite illustre la volonté de Rabat et de Paris d’inscrire la protection de l’enfance au cœur de leur agenda commun. Dans un contexte marqué par les mutations numériques et les inégalités persistantes, la coopération bilatérale apparaît comme un levier stratégique pour transformer les engagements internationaux en actions concrètes au service des plus vulnérables.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 11/02/2026 à 20h16