Urbanisme: les répliques du séisme de Témara atteignent les villas des "puissants"

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Revue de presseKiosque360. Les villas en question ont été construites, sans autorisation, à Ain Aouda. Le promoteur affirme avoir déposé une demande d’autorisation que la commune d'El Menzah soutient avoir rejetée. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 26/10/2022 à 21h31

Le projet «Al Qods» de Témara a vite viré du scandale immobilier au séisme qui a emporté plusieurs résidences privées dans la foulée. Ses répliques atteignent progressivement les localités avoisinantes, n’épargnant rien sur leur passage, y compris les résidences des personnes influentes.

Le quotidien Assabah, qui revient sur ce sujet dans son édition du jeudi 27 octobre, fait ainsi état de la démolition, par les autorités, de six villas situées sur l’avenue Mohammed VI, dans la commune d’El Menzah, cercle d’Ain Aouda. Ces villas mises à terre, explique le quotidien, ont été construites par le même promoteur du projet «Al Qods» et appartiennent à de hauts responsables de l’Etat. Le chef du cercle d’Ain Aouda et le caid de la commune d’El Menzah ont été relevés de leur fonction, indique le quotidien au passage.

Selon Assabah, le promoteur immobilier qui a construit les villas en question ne disposait pas de toutes les autorisations nécessaires. Il a certes déposé un dossier d’autorisation de construction sur la plateforme électronique «Rokhas», mais le dossier a été rejeté par la commune qui lui a signifié qu’il était incomplet. Motif que le promoteur a ignoré. Il s’est contenté d’attendre les 60 jours réglementaires après la date du dépôt de sa demande avant d’entamer les travaux de construction, faisant ainsi comme s’il n’avait reçu aucune réponse de la commune.

D'après le quotidien, le promoteur, qui n’est pas novice dans le secteur puisqu’il a déjà construit des complexes résidentiels, continue d’ailleurs de soutenir qu’il est dans son droit, puisque passés 60 jours sans que la commune ne réagisse à son dossier, il a entrepris de lancer les travaux de construction. C’est donc un litige juridique entre lui et la commune que la Chambre chargée des crimes financiers près la Cour d’appel de Rabat, devant laquelle a été portée l’affaire, se chargera de trancher. Entre-temps, les autorités ont commencé, vendredi, à démolir 16 immeubles, soit un total de 200 appartements, du complexe résidentiel «Al Qods-Extension». 17 autres immeubles du complexe «Al Qods-1» devraient également connaître le même sort.

La décision de la démolition a été prise suite à une double mission d’inspection de la Cour des comptes et de l’IGAT. Plusieurs responsables de l'Administration territoriale ont été relevés de leur fonction, dont le gouverneur de Temara. Les éléments du Bureau national de lutte contre les crimes économiques et financiers ont fait des perquisition dans les bureaux de plusieurs dirigeants de la commune. De nombreux responsables de l’administration territoriale et des conseils élus sont poursuivis dans cette affaire dont certains en détention provisoire.

Par Amyne Asmlal
Le 26/10/2022 à 21h31