La Cour d’appel de Tanger a connu, jeudi dernier, l’une des procédures judiciaires les plus rapides concernant une affaire criminelle grave. «Un jeune homme âgé de 21 ans, poursuivi pour homicide volontaire avec préméditation et guet-apens, a été condamné à 25 ans de prison ferme», indique le quotidien Assabah dans son édition du lundi 13 avril. Le tribunal a également ordonné le versement d’une indemnisation civile de 150 000 dirhams en faveur de la partie plaignante.
La procédure judiciaire s’est déroulée dans un délai particulièrement court, ne dépassant pas trois semaines. Le prévenu avait été présenté pour la première fois à l’audience le 26 mars dernier, avant que l’affaire ne soit renvoyée à une nouvelle audience tenue jeudi. Lors de cette dernière séance, les débats ont été ouverts, puis immédiatement suivis de la mise en délibéré, avant que le jugement ne soit rendu à la fin de l’audience.
Les faits remontent au 16 mars, quelques jours seulement avant l’Aïd al-Fitr. Selon les éléments du dossier, le drame a éclaté à la suite d’un différend lié à l’occupation de l’espace public. La victime, un vendeur ambulant, et le prévenu, qui travaille dans un commerce, se sont disputés au sujet de l’utilisation d’une portion du trottoir située devant le magasin du mis en cause.
Ce qui semblait au départ être une simple altercation a rapidement dégénéré en affrontement. Au cours de la dispute, le jeune homme aurait utilisé une arme blanche, causant des blessures mortelles au vendeur ambulant. Après les faits, le suspect s’est rendu de lui-même aux services de la police judiciaire le jour même. Il a été entendu dans le cadre de l’enquête avant d’être présenté au parquet général trois jours plus tard.
«Le dossier a été transmis au tribunal le 19 mars, puis programmé pour une première audience le 26 du même mois», relate Assabah. Fait notable dans cette affaire, la procédure n’a pas suivi la voie de l’instruction approfondie, le parquet ayant choisi de renvoyer directement l’accusé devant la Chambre criminelle en audience publique.
L’enquête menée par la police judiciaire a inclus l’audition de témoins présents sur les lieux de la scène, ainsi que l’exploitation d’enregistrements issus de caméras de surveillance, qui ont contribué à reconstituer le déroulement des faits.
Ce drame remet une nouvelle fois en lumière les tensions récurrentes autour de l’occupation de l’espace public dans certains quartiers populaires, où des conflits opposent régulièrement commerçants et vendeurs ambulants. Les autorités locales mènent périodiquement des opérations visant à libérer les trottoirs et les voies publiques, souvent occupés soit par des extensions de commerces, soit par des installations informelles qui entravent la circulation et l’accès aux boutiques.




