Sidi Kacem: détournement des fonds d’un projet INDH, des élus et des fonctionnaires mis en cause

INDH, Sidi Kacem.

Revue de pressePendant trois jours, la juge d’instruction près la Chambre criminelle chargée des affaires financières à la Cour d’appel de Rabat a procédé à l’audition de plusieurs responsables et agents publics, dans le cadre de l’enquête portant sur la spoliation d’un centre d’accueil et de formation des jeunes à Sidi Kacem. Érigé grâce à des fonds publics alloués par l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), l’édifice a été illégalement transformé en un établissement hôtelier privé. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 25/02/2026 à 18h36

Dans le cadre d’une information judiciaire approfondie, la magistrate instruisant ce dossier sensible a successivement entendu deux délégués provinciaux, ainsi que plusieurs agents de la commune de Sidi Kacem. Le volet pénal de cette affaire, qui mêle malversations et abus de pouvoir, a déjà conduit au placement sous contrôle judiciaire de huit individus, parmi lesquels figurent le président du Conseil provincial (PAM), deux anciens parlementaires du même parti et un ancien président du Conseil communal (RNI). Tous se sont vu retirer leur passeport dans l’attente de la suite qui sera donnée à cette procédure, relaie Al Akhbar de ce jeudi 26 février.

Les mis en cause sont poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation, dont ceux de «dilapidation de deniers publics», de «construction illicite sur une dépendance du domaine privé de l’État» et d’«édification d’ouvrages sans autorisation administrative». Au nombre des personnes récemment convoquées par la juge d’instruction figurent deux ingénieurs, dont l’un avait été mandaté pour concevoir les plans du centre d’accueil spolié, ainsi qu’un fonctionnaire soupçonné d’avoir été désigné par l’un des accusés pour assurer la direction de l’hôtel.

Le projet litigieux remonte à l’année 2016, à la signature d’une convention de partenariat prévue par l’INDH pour l’achèvement des travaux de construction de ce centre. L’enquête a révélé que deux frères, principaux accusés dans cette affaire, avaient décroché entre 2018 et 2021 plusieurs marchés, pour un montant global évalué à 12,666 millions de dirhams.

Les investigations ont également mis au jour une irrégularité foncière majeure: le terrain sur lequel a été édifié le projet relève du domaine privé de l’État et était initialement prévu pour «accueillir un centre social polyvalent», indique Al Akhbar. L’enquête établit par ailleurs que le président du Conseil provincial de Sidi Kacem a lancé les travaux en dépit de l’avis défavorable de la commission chargée de l’étude des projets, sans avoir préalablement obtenu l’autorisation de la direction des domaines de l’État. À ce fait, s’ajoute «un empiètement sur la voirie publique et sur des propriétés foncières privées», ce qui aggrave encore les irrégularités constatées, signale le quotidien.

Par Hassan Benadad
Le 25/02/2026 à 18h36